CD Projekt évoque la place importante de la nudité dans Cyberpunk 2077

Polygon faisait partie des quelques chanceux à pouvoir assister à la démo de Cyberpunk 2077, présentée behind closed-doors au cours du dernier E3. L’occasion pour le média américain de découvrir près de 50 minutes de gameplay en compagnie d’Adam Badowski, le réalisateur du jeu, et de prendre toute la mesure de l’importance du transhumanisme – et des interrogations profondes qu’il suscite – dans la dernière création de CD Projekt.

À l’instar des deux derniers Deus-Ex, qui abordaient déjà dans le détail les enjeux propres aux modifications corporelles d’envergure, Cyberpunk 2077 s’attaque lui aussi cette problématique intrinsèque au genre Cyberpunk. Une problématique dont un des vecteurs, dans le prochain titre du studio polonais, n’est autre que la nudité. On en attendait finalement pas moins d’une production griffée CD Projekt.

CD Projekt accordera une place importante à la nudité dans Cyberpunk 2077. Un moyen pour le studio de parler de transhumanisme et de modifications corporelles.

Reste que la genèse du papier de Polygon n’est autre que la présentation d’un mockup du système de création de personnages intégré à Cyberpunk 2077. Présenté dans son plus simple appareil, le personnage – masculin ou féminin – que l’on pourra façonner avant de se lancer dans l’aventure, revêtait à l’occasion de l’E3 quelques pixels bien placés visant à dissimuler ses organes génitaux. C’est après avoir été interrogé à ce propos (et après avoir précisé que les pixels de chasteté seraient retirés dans la version finale du jeu), qu’Adam Badowski s’est exprimé sur la place de la nudité dans le titre – précisant que celle-ci ne serait pas gratuite.

Quand la nudité se drape d’une vraie raison d’être

Contrairement à celle présentée dans The Witcher (essentiellement féminine et intégrée à des fins bien souvent esthétiques et / ou érotiques), la nudité de Cyberpunk 2077 semble plus clinique et tend à questionner sur le rapport au corps d’une humanité cybermodifiée.

« La nudité est importante pour nous pour une raison toute particulière« , explique Badowski « Nous sommes dans un univers Cyberpunk et donc les gens augmentent leurs corps. Le corps n’est plus sacrum [sacré] ; il est profanum [profane]. Puisque les gens se modifient, ils perdent leur connexion au corps, à la chair. Et c’est pour cette raison que nous utilisons la nudité dans de nombreuses situations« .

Revenant sur une séquence présentée au cours de la démo – une séquence dans laquelle le personnage principal sauve une femme augmentée ayant été kidnappée par des voleurs d’organes et de membres mécaniques – Adam Badowski poursuit.

« Vous devez prendre soin de cette femme, mais en même temps elle est augmentée. [D’une certaine manière] elle n’est pas ‘clean’. Peut-être est-elle trop augmentée. Peut-être que le niveau d’humanité en elle est très faible, et c’est un sujet intéressant. C’est l’un des thèmes clés du Cyberpunk« .

« La toute première scène de l’animé Ghost in the Shell présente exactement ce même aspect des choses. Parce qu’où se trouve le sacrum et où est le profanum dans un monde dans lequel vous pouvez vous modifier à un tel degré que vous devenez un autre type de personne ? C’est une des problématiques les plus importantes dans le Cyberpunk, en tant que genre« .