Ce microbe mangeur de météorite pourrait expliquer comment la vie est apparue sur la Terre

Suivant la théorie de l’évolution des espèces, les premières formes de vie ayant habité la Terre étaient des microorganismes. L’un de leurs descendants qui vivent encore aujourd’hui est connu sous le nom de Metallosphaera sedula. Il s’agit d’un microbe particulièrement attiré par les métaux.

D’après une nouvelle recherche, il serait même plus friand des roches extraterrestres que des minéraux terrestres anciens.

Simulateur astéroïdes

Crédits Pixabay

Selon les chercheurs qui ont réalisé l’étude, cette découverte pourrait permettre de mieux comprendre le rôle des météorites dans la naissance de la vie sur Terre. Par ailleurs, les scientifiques estiment qu’il s’agit d’une raison suffisante pour explorer en profondeur l’hypothèse de la panspermie ou lithopanspermie. C’est l’idée selon laquelle la vie serait venue de l’espace.

Les résultats de l’étude ont été publiés dans la revue Scientific Reports.

Une source d’énergie pour satisfaire ses besoins vitaux

Concrètement, les experts ont examiné l’interaction entre M. sedula et une météorite pierreuse trouvée dans le nord-ouest de l’Afrique, nommée NWA 1172. Ils ont analysé les empreintes laissées par les microbes sur la roche céleste.

Afin de mener à bien l’expérience, les scientifiques ont utilisé une vaste gamme de techniques de spectroscopie. Ils ont également eu recours à un microscope électronique. L’équipe a mis en évidence que la NWA 1172 est une météorite très multimétallique. Elle est constituée d’environ 30 métaux différents.

Les chercheurs ont établi que la diversité métallique de la météorite semble mieux répondre aux besoins vitaux de l’organisme que les minéraux sulfurés issus de la Terre. La roche extraterrestre lui permettrait d’être plus sain et de croitre plus rapidement.

« Le fer de la NWA 1172 est utilisé comme source d’énergie pour satisfaire les besoins bioénergétiques de M. sedula, car les microbes respirent grâce à l’oxydation du fer », a expliqué Tetyana Milojevic, une astrobiologiste de l’Université de Vienne.

Tester la survie de M. sedula dans les conditions spatiales

D’après Milojevic, la théorie de la panspermie n’est pas à écarter. L’experte a avancé un scénario hypothétique selon lequel un ancêtre de M. sedula, ou un micro-organisme similaire aurait pu être transporté depuis l’espace interstellaire vers la Terre par un météorite.

Il serait probable que la roche riche en métaux sur laquelle le microbe s’est accroché ait pu être projetée dans l’espace à la suite d’une collision.

Pour vérifier cette hypothèse, l’équipe prévoit de « tester la survie de M. sedula dans des conditions environnementales simulées et réelles dans l’espace ».