Ce morceau de musique a été composé par l’IA de Google

Google travaille depuis plusieurs années sur une intelligence artificielle capable d’apprendre et d’évoluer en fonction de son expérience. La firme a d’ailleurs fait d’importants progrès en l’espace de quelques années et elle l’a prouvé un peu plus tôt dans la semaine en lançant une nouvelle initiative, le projet Magenta.

Par son entremise, Google souhaite déterminer s’il est possible d’utiliser le machine learning dans une démarche artistique, pour composer des morceaux de musique.

Magenta Google

Google a réussi à créer un morceau de musique avec une IA.

Afin de s’en assurer, la firme a demandé à son IA de composer un premier morceau de 90 secondes, un morceau créé à partir de seulement quatre notes de piano.

Un morceau de musique composé par une intelligence artificielle

Disponible par le biais du lecteur intégré à la fin de l’article, ce premier morceau est plutôt convaincant.

Toutefois, la percussion n’est pas l’oeuvre de l’IA et elle a en réalité été ajoutée par l’équipe du projet Magenta, un projet dirigé d’une main de fer par Douglas Eck.

Ce chercheur a rejoint l’entreprise américaine en 2003. Avant cette date, il enseignait l’informatique à l’Université de Montreal et il s’est notamment illustré en participant à la création du centre de recherche BRAMS, un centre de recherche spécialisé dans tout ce qui touche au cerveau, à la musique et au son.

Pour le moment, bien sûr, Beethoven et Mozart peuvent dormir sur leurs deux oreilles. Le morceau composé par l’intelligence artificielle est extrêmement sommaire et il rappelle davantage les vieilles musiques 8-bit des ordinateurs des années 90 que les diverses symphonies des grands compositeurs de notre histoire.

En outre, l’IA à l’origine de ce morceau n’a pas inventé grand chose dans les faits car elle s’est appuyée sur un vaste réseau de neurones artificiels pour analyser des milliers d’exemples différents afin de trouver un schéma et de le reproduire. Elle a donc agi par mimétisme.

Douglas Erk précise d’ailleurs dans son article que nous n’en sommes qu’aux prémices de cette technologie. Il faudra sans doute des années avant qu’une intelligence artificielle ne puisse composer un morceau mieux construit et, surtout, plus nuancé.

Magenta n’a pas pour vocation à remplacer les artistes et les compositeurs

Toutefois, il espère de rapides progrès dans ces prochaines années.

Les compositeurs et les musiciens ont donc encore de beaux jours devant eux et il faut d’ailleurs noter que Google voit davantage ce projet comme un outil pensé pour les artistes, un outil qui leur permettra de se connecter à différents modèles de machine learning pour composer plus facilement leurs morceaux.

Il évoque d’ailleurs un exemple assez convaincant, à savoir celui de Rickenbacker et de Gibson, en précisant que ces derniers ne pensaient sans doute pas à Jimi Hendrix ou Saint Vincent en créant leurs toutes premières guitares électriques.

En attendant, le code source de Magenta est disponible en ligne, sur Github. Les développeurs et les curieux peuvent donc explorer les composantes de ce système et se familiariser du même coup avec la technologie développée par Google.

La firme ne compte d’ailleurs pas en rester là et elle a ainsi l’intention de proposer d’autres outils aux internautes, des outils pensés pour les codeurs mais également pour les artistes.