Ce n’est pas encore gagné pour la vie sur Titan

Plus grand que Mercure, avec un diamètre de 5 150 km, Titan est la seule Lune du système solaire qui possède une atmosphère dense.

La densité de celle-ci est de 1,5 fois celle de l’atmosphère terrestre. Elle est également le seul monde qui dispose d’un système climatique équivalent à celui de la Terre, et l’unique corps solide contenant du méthane liquide à sa surface. Sa chimie complexe fait également cette plus grande Lune de Saturne l’objet d’étude idéal pour la recherche de la vie extraterrestre.

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Dernièrement, des chercheurs de l’Université de technologie de Chalmers, en Suède, ont apporté une nouvelle contribution à l’étude en cours sur les possibilités qu’une forme de vie puisse exister sur Titan. Concrètement, les scientifiques ont montré que l’acrylonitrile n’est pas un élément constitutif viable pour les membranes cellulaires trouvées sur Titan.

Cette percée a permis aux experts de spéculer sur les limites environnementales associées aux membranes cellulaires.

Les membranes cellulaires ne supportent pas l’environnement titanien

Pour les experts, Titan est un environnement captivant, unique et entouré de mystères. Afin de mieux comprendre l’environnement titanien, ils ont recouru à un procédé appelé « astrobiologie computationnelle ». Il s’agit d’une méthode qui permet d’évaluer, avant les expérimentations, la susceptibilité qu’un processus particulier puisse être une biosignature ou un potentiel marqueur de biologie.

D’après les résultats, les membranes lipidiques, du même type que celles qui composent la vie sur Terre, ne pouvaient pas s’épanouir dans ce milieu extrême. « Notre nouveau document de recherche montre que, malheureusement, bien que la structure puisse en effet tolérer les conditions extrêmes de Titan, elle ne se formerait pas en premier lieu », a déclaré Martin Rahm, professeur adjoint au Département de chimie et de génie chimique de la Chalmers University of Technology.

Cela a conduit les chercheurs à envisager d’autres formes de membrane cellulaire qui pourraient tolérer les conditions extrêmes qui caractérisent l’atmosphère de Titan.

Et si les membranes cellulaires n’étaient pas une nécessité ?

Tout en étant conscients que les conditions extrêmes sur Titan laissent peu de chances à la vie d’exister, les chercheurs ont avancé en une autre éventualité. D’après leur hypothèse, les membranes cellulaires ne constituent probablement pas une nécessité pour la vie dans n’importe quel corps solide.

L’équipe estime que toute biomolécule hypothétique porteuse de vie pourra exister à l’état solide, grâce à une basse température et elle ne risquerait pas la destruction par dissolution. A priori, les biomolécules hypothétiques sur Titan resteraient figées. Ensuite, pour se développer, elles s’appuieraient sur la propagation de petites molécules énergétiques, telles que l’hydrogène gazeux ou l’acétylène.

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