Ce petit mammifère apparenté aux éléphants vient de réapparaître alors qu’il était introuvable depuis 50 ans

Le sengi somalien fait partie des animaux les plus difficiles à rencontrer dans la nature. Connu sous le nom scientifique Elephantulus revoilii, ce petit mammifère est une espèce de musaraigne-éléphant. Selon les scientifiques, cela fait maintenant près d’un demi-siècle que l’on ne l’a pas aperçu.

Récemment, des chercheurs ont croisé l’animal dans des zones rocheuses et accidentées de la Corne de l’Afrique, plus précisément à Djibouti, après l’avoir appâté avec du beurre de cacahuète.

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À titre d’information, la musaraigne-éléphant a des liens de parenté avec les aardvarks ou Oryctérope du Cap et les lamantins.

D’autre part, contrairement à ce que beaucoup pourraient penser, le sengi somalien n’est pas une musaraigne.

Une espèce toujours présente

C’est en 2019 que des scientifiques venus des États-Unis, en collaboration avec des chercheurs djiboutiens, ont entrepris des recherches pour retrouver le sengi somalien. Ils ont mené leurs travaux en fonction des informations reçues selon lesquelles la créature se cacherait à Djibouti. Auparavant, des individus avaient été uniquement observés en Somalie.

D’après Houssein Rayaleh, co-auteur de l’étude et chercheur écologiste au sein de l’Association Djibouti Nature, pour ceux qui vivent à Djibouti et dans la Corne de l’Afrique, il n’a jamais été question de considérer les sengis comme étant « perdus ». Il a ajouté que la nouvelle étude a permis de ramener l’espèce au niveau de la communauté scientifique et c’est selon lui très appréciable.

Rayaleh a aussi déclaré que lui-même avait déjà aperçu un sengi somalien dans la région et que les habitants avaient eux-aussi identifié correctement l’animal quand les chercheurs se sont entretenus avec eux.

Le déroulement des recherches

Au cours de leur étude, les scientifiques ont placé 1259 pièges dans 12 endroits différents sur un terrain rocheux. L’emplacement des pièges a été déterminé à partir des informations recueillies lors des entrevues et à partir des résultats d’analyse d’échantillons d’excrément sur les sites potentiels.  Les chercheurs ont aussi évalué quels types de terrains étaient susceptibles d’abriter l’espèce.

Comme appât, les biologistes ont utilisé du beurre de cacahuète, de la farine d’avoine et de la levure. Ils ont ainsi attrapé le premier individu dans le premier piège. En tout, 12 individus de sengi somalien ont été attrapés durant la période de piégeage.

En général, les spécimens ont été capturés dans des affleurements rocheux et dans des endroits où la végétation est relativement clairsemée. Les habitats se trouvaient généralement dans des endroits inhospitaliers, c’est-à-dire loin des activités humaines. Selon le communiqué, cette information indique que l’espèce ne risque pas d’être menacée par la destruction de son habitat naturel.

Les chercheurs suggèrent ainsi le changement du statut « Données insuffisantes » de l’espèce dans la liste rouge des espèces menacées de l’IUCN à « Moindre préoccupation », étant donné que le nombre d’individus trouvés est comparable à celui d’autres espèces de sengi. En plus, il est maintenant prouvé que l’aire de distribution de l’espèce est plus large que ce que l’on croyait auparavant puisqu’elle vit également au-delà de la Somalie.