Ce que vous ne savez peut-être pas au sujet de la trompe des éléphants

L’éléphant se sert de sa trompe pour effectuer plusieurs tâches. Une récente étude détaille le mécanisme de chaque utilisation de l’appendice.

La trompe d’un éléphant d’Afrique est une merveille évolutive avec une masse supérieure à 100 kg. Elle se compose de milliers de muscles individuels permettant de réaliser des mouvements d’ondulation. Le pachyderme utilise son appendice pour soulever des objets, déraciner des arbres ou comme arme contre les prédateurs. La trompe est un organe essentiel, car elle permet à l’animal de respirer et de percevoir les odeurs.

Des éléphants avec des éléphantaux
Photo de Michael Siebert – Pixabay.com

Sur le pouvoir olfactif, les éléphants sont plus performants que les chiens renifleurs en ce qui concerne la détection d’un explosif comme le TNT. Par ailleurs, l’extrémité de l’appendice est aussi habile que les doigts de la main pour pincer de petits objets tels qu’un brin d’herbe.

Des chercheurs du College of Engineering de la Georgia Tech ont ainsi voulu détailler la physique animant la trompe des éléphants. Pour ce faire, ils ont pu compter sur Kelly, un spécimen de 38 ans du zoo d’Atlanta aux États-Unis.

Une incroyable capacité de succion

Un éléphant comme Kelly nécessite quotidiennement près de 200 kg de nourriture. La trompe joue un rôle essentiel dans l’alimentation. Elle permet à l’animal de se saisir la nourriture. Les chercheurs ont pu noter que le comportement de l’organe changeait selon la forme et le volume de l’aliment proposé.

Lorsqu’on lui proposait des éléments très fins tels que des chips, Kelly utilisait l’aspiration pour les saisir délicatement. Devant d’autres types de collations, il pouvait saisir un à un de petits cubes de navet fourrager en faible quantité. Devant un volume plus conséquent, l’animal optait finalement pour l’aspiration.

Pour mesurer la force d’aspiration de Kelly, les chercheurs l’ont filmée en train de siroter une bouillie de graines de chia mélangées avec de l’eau. En suivant les mouvements des graines image par image, il a été possible de voir à quelle vitesse l’eau pénétrait dans les narines de l’animal. La trompe de 182 cm pouvait se dilater pour facilement aspirer jusqu’à 5,5 L d’eau.

Kelly n’a eu besoin que d’une seconde et demie pour absorber ce volume d’eau. Sa vitesse d’aspiration est estimée à 150 mètres à la seconde, ce qui est 30 fois plus rapide que la vitesse de l’éternuement humain.

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Détailler la structure interne de la trompe

L’équipe derrière cette nouvelle étude a décidé de faire de la cartographie détaillée de la structure interne de la trompe des éléphants sa prochaine mission. Le but étant de résumer tout ce que l’appendice est capable d’accomplir.

« C’est un multi-outil musclé. Elle repousse toutes les limites de ce que nous comprenons de la capacité de ces animaux », a expliqué Andrew Schulz, chercheur affilié à la Georgia Tech et auteur de l’étude. À noter que les scientifiques ont partagé leur article dans la revue Journal of the Royal Society Interface.