A chaque bout de ce ver marin se trouve des yeux et un cerveau

Nous sommes nombreux à ne pas sauter de joie à la vue d’un ver. Pourtant, comme tous les autres animaux, cette espèce peut présenter bien des curiosités. Par exemple, saviez-vous que si la plupart des animaux n’ont qu’un seul bout, une espèce de ver marin possède quant à lui un corps qui se compose de plusieurs bouts, avec des yeux et un cerveau qui peuvent même pousser au bout de chaque bout ?

C’est le cas du Ramisyllis multicaudata, un ver segmenté ou annélidé de la famille des Syllidés qui vit dans les eaux près de Darwin, en Australie. Une capacité fascinante qui a suscité l’intérêt des scientifiques. Ces derniers ont ainsi cherché à décrire l’anatomie interne de ces créatures atypiques et ont découvert que la structure interne de ces vers était aussi particulière que leurs structures externes.

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Il faut savoir que seulement deux espèces de cette famille des Syllidés possèdent des corps massifs et ramifiés : le Ramisyllis multicaudata et le ver des eaux profondes, Syllis ramosa.

Un biologiste avait déjà remarqué cette surprenante capacité en 1879

L’Australian Academy of Science a déclaré que les corps ramifiés se rencontrent souvent chez les plantes et chez les champignons. Toutefois, cette caractéristique corporelle est pratiquement inconnue chez les animaux. Pourtant, le biologiste William McIntosh a déjà remarqué cette capacité surprenante des Syllis ramosa en 1879. Plus tard, des chercheurs la qualifient de « fureur pour le bourgeonnement » dans une étude parue le 04 avril dans le Journal of Morphology.

Cette capacité n’a été découverte qu’en 2006 chez le Ramisyllis multicaudata et des examens antérieurs ont relevé un nombre élevé d’ouvertures anales, dont une pour chaque extrémité postérieure. D’ailleurs, ces ouvertures seraient encore plus intéressantes à observer lorsque le ver serait prêt à se reproduire.

Une énigme résolue pour les scientifiques

En effet, des unités segmentées appelées stolons se formeraient dans les fesses du ver et produiraient non seulement des organes sexuels mais aussi une tête avec ses propres yeux. De plus, les scientifiques disent qu’ « une fois qu’un stolon est prêt, il se détache du reste du corps et nage librement jusqu’à ce qu’il s’accouple et meurt ». D’après Guillermo Ponz-Segrelles, zoologiste à l’Université autonome de Madrid, la notion de stolons possédant un cerveau autonome était une idée proposée au 19ème siècle mais que les scientifiques n’avaient pas encore eu l’occasion de confirmer, rapporte Livescience.

Une autre découverte qui a surpris les scientifiques est que le système digestif de ces vers avait beau être fonctionnel, leurs intestins semblaient néanmoins être toujours vides. En tout cas, Maite Aguado, co-auteur de l’étude et conservatrice de l’évolution animale et de la biodiversité au Musée de Göttingen, en Allemagne a déclaré dans un communiqué que cette recherche résolvait certaines des énigmes que ces animaux curieux posaient depuis la découverte du premier annélidé ramifié à la fin du 19ème siècle. Néanmoins, elle ajoute qu’ « il reste encore un long chemin à parcourir pour comprendre pleinement comment ces animaux fascinants vivent dans la nature ».