Censure : Facebook, Google et le gouvernement vietnamien accusés de complicité par Amnesty international

Amnesty International a fait une découverte sur Facebook, Google et le Vietnam. L’organisation de défense des droits de l’homme a notamment révélé que les deux géants américains de la technologie « ont aidé le gouvernement vietnamien à censurer les critiques et à réprimer la dissidence ».

Facebook et Google auraient bloqué des contenus susceptibles de porter atteinte au régime actuel. Considérant cela comme étant un acte de « complicité de grande envergure », Amnesty International, aidé par des partisans des droits de l’homme et de la liberté d’expression, a publié un rapport détaillant les faits.

Crédits: Pixabay

Le document de 78 pages, intitulé “Let us Breathe!”: Censorship and criminalization of online expression in Viet Nam », a été mis en ligne le 1er décembre 2020.

Harcèlement et  incarcération des blogueurs

La liberté d’expression n’a jamais été un fort du gouvernement vietnamien. La preuve en est l’emprisonnement de nombreux blogueurs ayant osé publier des articles critiquant l’Etat communiste au cours des dernières années. Amnesty International a en effet pu recenser 69 personnes incarcérées au Vietnam en raison de  « leur activité sur les médias sociaux ».

Dans son rapport, le défenseur des droits de l’homme indique en outre que les partisans de la liberté d’expression au Vietnam sont confrontés à différentes sortes de harcèlement sur les réseaux sociaux. Le parti communiste a même mis en place une unité militaire de «cyber-trops » et d’ « armées de trolls » pour effectuer le sale boulot.

Les géants de la technologie pressés par le gouvernement vietnamien

Si l’on en croit Ming Yu Hah, directrice régionale adjointe des campagnes d’Amnesty International, Facebook et YouTube « sont devenus des terrains de chasse pour les censeurs, les cyber-trops militaires et les trolls sponsorisés par l’État ». Les plateformes ne font qu’envenimer la situation en acceptant de bloquer les contenus à caractère critique.

Interrogé par nos confrères de la BBC, un porte-parole de Facebook a parlé de la pression exercée par le gouvernement vietnamien pour que le réseau social restreigne davantage de contenu.  Au cours des six premiers mois de cette année, Facebook a d’ailleurs bloqué 834 publications.

De son côté, de juillet 2019 à juin 2020, Google s’était mis à supprimer 3000 vidéos YouTube critiquant le gouvernement en réponse aux 118 demandes qui ont été émises.

Mots-clés censureVietnam