Certains virus ont un génome totalement différent de celui des autres formes de vie terrestres

Les formes de vie microbienne doivent se battre pour leur survie. Cela donne parfois naissance à des guerres invisibles à l’œil nu. Il existe par exemple des virus bactériophages qui se nourrissent de bactéries pour survivre. Avec le temps, ils ont développé de nouvelles aptitudes qui leur permettent de s’infecter ou de se détruire les uns les autres.

Pour leur part, les bactériophages ont carrément modifié le code de leur ADN pour prendre le dessus sur les bactéries. En tout cas, c’est ce que suggèrent trois récentes études publiées séparément. Les auteurs de ces travaux ont indiqué que ces virus possèdent un génome totalement différent de celui des autres formes de vie terrestre.

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Il s’agit du génome Z et il permet à l’ADN des bactériophages d’être plus stable et plus résistant.

Des virus dépourvus d’adénine

Pour comprendre le fonctionnement de ces virus, un petit rappel des cours de science s’impose.

« L’ADN est composé de quatre nucléotides standards… Ces bases forment l’alphabet génétique ATCG, qui reste le même tout au long de notre vie », expliquent les biologistes Michael Grome et Farren Isaacs.

Ces quatre lettres représentent respectivement l’adénine, la thymine, la cytosine et la guanine.

« Cependant, en 1977, les chercheurs ont découvert l’ADN du virus cyanophage S-2L où toutes les bases A ont été remplacées par la diaminopurine (Z), pour former l’alphabet génétique ZTCG », ont-ils déclaré.

Des études ont permis de conclure que ce changement est le fruit d’une stratégie mise au point par les bactériophages pour se protéger des attaques extérieures. La base Z forme une triple liaison avec la base T qui est son opposée. La base A, quant à elle, n’en forme que deux. Cela rend donc le génome Z plus résistant.

Quid de la formation du génome Z ?

Une équipe de scientifiques chinois et français ont mené des recherches pour déterminer l’origine du génome Z. Les analyses leur ont permis de découvrir l’existence de deux protéines baptisées PurZ et PurB. Selon eux, elles interviendraient dans la formation du nucléotide Z.

Leurs recherches ont aussi mis en avant le fait que les bactériophages n’étaient pas les seules formes de vie terrestre à porter le génome Z.

« En recherchant dans des bases de données génomiques des séquences PurZ similaires, un ensemble diversifié de 50 à 100 génomes contenant PurZ a été identifié, principalement à partir de bactériophages, mais aussi de plusieurs archées et bactéries », lit-on dans l’une de ces trois études.

Les experts espèrent en apprendre plus dans les mois à venir.