Cet étudiant a décodé des données de nœuds incas

Pour un jeune étudiant, il existe mille et une façons de passer ses vacances de printemps. Manny Medrano, inscrit à Harvard, a choisi l’une des manières les plus insolites aux côtés de son professeur Gary Urton.

Nœud de Khipu-Photo de Jon Chase/ Président du Collège d'Harvard - Crédits Getpocket.com

Nœud de Khipu-Photo de Jon Chase/ Président du Collège d’Harvard – Crédits Getpocket.com

Grâce à ses réflexions, il a aidé ce dernier à décoder un ensemble de Khipus. Il s’agit de textiles qu’utilisait ce peuple d’Amérique du Sud à l’époque de son apogée pour leurs activités.

Les écrits de la civilisation des Incas 

Si le peuple inca du Pérou se distingue par ses architectures majestueuses, aucune trace écrite des indigènes n’est encore découverte. Les seules sources accessibles aujourd’hui sont fournies par les Espagnols dans « Les chroniques de l’Inca ». Malheureusement, ces récits rapportés sont pour la plupart faussés par les croyances et motivations hispaniques selon le professeur Urton.

Les seuls documents connus pour être édités par les Incas eux-mêmes sont conservés sous forme de Khipus, des textiles aux nœuds complexes. Pour les décoder, le professeur a lancé un projet de base de données de Khipu à Harvard et effectué des voyages. Ceci l’a amené à enregistrer plus de 900 détails distinctifs des fibres conservées dans les musées et galeries.

Les recherches menées par le professeur Urton

Jusque-là, Gary Urton et son équipe de recherche avaient encore une idée vague de ce que représentent les Khipus. Pour certains collaborateurs, il s’agissait des données de recensement employées pour établir des statistiques. D’autres estiment qu’ils représentent des systèmes de calendriers ou des marchandises commercialisées par le peuple inca.

Toutefois, l’équipe reste convaincue que ces textiles, au-delà de simples chiffres, véhiculaient des informations culturelles cruciales. Le tournant décisif intervient lorsqu’il décide d’étudier six Khipus péruviens de la vallée de la rivière Santa au XVIIe siècle. Il arriva à déceler de nombreuses ressemblances entre les données d’un recensement espagnol de la même époque et ces mêmes textiles.

Une coïncidence terrible qu’il n’a pas manqué de souligner au cours d’une de ses conférences à l’université au printemps 2016. Manny Medrano alors étudiant en première année, lui proposa son coup de main lors des vacances suivantes.

La surprenante découverte du jeune étudiant

Manny Medrano, l'étudiant qui a décodé les nœuds inca - Crédits Getpocket.com

Manny Medrano, l’étudiant qui a décodé les nœuds inca – Crédits Getpocket.com

Pour effectuer ses analyses, Medrano n’a pas eu accès directement aux Khipus péruviens. Étant donné qu’ils appartiennent à une collection privée, le jeune étudiant a travaillé avec les informations de la base de données de son professeur. À cet effet, celui-ci établit une série de représentations graphiques de certaines des données et il apprécia des recherches de modèles.

Pour cette découverte surprenante, Gary Urton n’espérait pas de tels exploits de la part de son étudiant. Il confie qu’il a eu par le passé à solliciter l’aide d’une ou deux personnes sans avoir des résultats positifs. À noter que lors du cours d’Urton en 2016 sur les six Khipus péruviens, Medrano était spécialisé en économie. Il ne cache pas pour autant son amour pour les recherches archéologiques.

Il s’est donc inscrit au cours du professeur sur la civilisation inca, afin de découvrir plus cette riche civilisation sud-américaine. Passionné des jeux de puzzles et de sodoku en avion, c’est avec une grande fierté qu’il propose à son professeur son aide.