Cette cellule artificielle est capable de se développer et de se diviser à la manière de ses congénères naturelles

Selon un récent article publié dans la revue Cell, les chercheurs du JCVI (J. Craig Venter Institute) ont effectué une percée majeure dans le domaine de l’ingénierie génétique. En effet, ils ont réussi à mettre une cellule artificielle, baptisée JCVI-syn3A, au point.

Selon les informations partagées, cette cellule artificielle est dotée de capacités de développement et de division fortement similaires à celles des cellules naturelles. Et il faut bien dire que ces scientifiques ont galéré avant d’arriver à ces résultats.

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Ceci étant, cette grande avancée a débouché sur un nouveau casse-tête pour les chercheurs. En effet, le rôle de la plupart des gènes de JCVI-syn3A demeure inconnu. Afin d’élucider ce mystère, ce qui pourrait nous aider à mieux comprendre le fonctionnement des cellules, des études sont en cours.

Une cellule résultant de décennies de travaux acharnés

C’est en 2003, grâce à la conception d’un virus artificiel, que la communauté scientifique a effectué le premier pas menant vers la création de JCVI-syn3A. En effet, en 2010, les chercheurs du JCVI sont parvenus à élaborer JCVI-syn1.0, la toute première cellule artificielle dotée d’un génome 100 % synthétique.

Quelques années plus tard, ces derniers ont finalement réussi à créer JCVI-syn3.0, une bactérie qui n’a que de 473 gènes. À l’époque, JCVI-syn3.0 disposait déjà du code génétique le plus court, mais il y avait un problème au niveau de sa capacité à se répliquer. En effet, les différences morphologiques entre l’original et ses répliques étaient vraiment flagrantes.

Avec JCVI-syn3A, l’équipe a réglé ce problème. Pour ce faire, ces derniers ont incorporé 19 gènes supplémentaires à cette cellule synthétique. Ce qui lui a offert la capacité de se diviser dans les règles de l’art, à l’instar d’une cellule naturelle, sans présenter les variations morphologiques grotesques de JCVI-syn3.0.

Les scientifiques étudient maintenant ces 19 gènes supplémentaires

Certes, ces 19 gènes de plus ont permis de stabiliser JCVI-syn3A. Mais ces derniers ont mis en lumière un nouveau problème. En effet, tandis que seulement 7 d’entre eux sont indispensables pour une division cellulaire impeccable, seuls les rôles de 2 de ces 7 gènes, à savoir ftsZ et sepF, ont pu être déterminés.

Quoi qu’il en soit, alors que les recherches continuent, le code génétique de JCVI-syn3A pourra nous aider à en savoir plus sur les mécanismes qui se produisent au niveau des cellules. Selon Elizabeth Strychalski, du NIST (National Institute of Standards and Technology), ces travaux nous permettront d’en apprendre davantage sur l’émergence de la vie.