Cette Intelligence Artificielle est capable de prédire les drogues du futur

Chaque année, de nouvelles drogues émergent sur le marché et plus d’un en consomme dès qu’une nouvelle y débarque. La plupart n’ayant pas fait l’objet de tests sur l’organisme humain au préalable, les victimes en sont nombreuses. Afin de remédier à cette situation, les chercheurs de l’Université de la Colombie-Britannique (UBC) ont mis en place une nouvelle stratégie. Il s’agit de programmer les ordinateurs pour prédire de nouvelles versions de potentielles substances psychoactives.

Un robot qui propose une drogue

Autrefois, l’identification des stupéfiants saisis pouvait prendre des mois, période pendant laquelle de nombreuses personnes les consomment tranquillement sur le marché. Mais grâce à cette innovation, l’opération ne prend que quelques jours, permettant ainsi de sauver des vies.

L’étude a été menée par le Dr Michael Skinnider. Il est étudiant en médecine à l’UBC. Il a présidé ces recherches en tant que doctorant aux laboratoires Michael Smith de l’institut.

Des résultats concluants à l’issue des tests

Le docteur Skinnider et ses collègues se sont appuyés sur une base de données de substances psychoactives déjà connues. Cette mine d’informations leur a été fournie par les laboratoires médico-légaux du monde entier. Elle leur a permis d’entrainer un algorithme sur les structures de ces drogues.

L’algorithme en question est un « réseau neuronal profond ». Il s’inspire de la structure du fonctionnement du cerveau humain. À la suite de cet entrainement, le programme a généré environ 8,9 millions de molécules de synthèse potentielles.

Ces molécules ont été comparées à 196 nouvelles drogues de synthèse apparues sur le marché illicite après l’élaboration du modèle. Les résultats montrent que plus de 90% de ces nouveaux stupéfiants étaient présents dans les molécules de synthèse générées par le programme. En d’autres termes, le modèle a été capable de prédire la quasi-totalité des nouveaux stupéfiants découverts depuis sa formation.

Une longueur d’avance sur les chimistes clandestins ?

Outre les capacités actuelles du modèle, les chercheurs ont également découvert qu’il a été capable de révéler quelles nouvelles molécules avaient la plus grande chance d’apparition sur le marché. Ce nouvel exploit permet aux services de réglementation des drogues d’être plus efficaces.

« Essentiellement, notre logiciel donne aux forces de l’ordre et aux programmes de santé publique, une longueur d’avance sur les chimistes clandestins et leur permet de savoir ce qu’il faut rechercher. »

Dr David Wishart, professeur d’informatique à l’université d’Alberta