Il y a peu de chances qu’il y ait une civilisation extraterrestre cachée dans Alpha Centauri

Les scientifiques qui s’intéressent aux recherches sur les extraterrestres ont récemment été emballés par un faisceau d’ondes radio capté par l’observatoire de Parkes, en Australie. Le signal semblait provenir de Proxima Centauri, l’une des trois étoiles qui forment le système Alpha Centauri. Il n’a été détecté qu’une seule fois. La source qui l’a émis a été baptisée BLC-1 (Breakthrough Listen Candidate 1).

C’était une émission à bande étroite extrêmement nette de 982 mégahertz. Elle semblait avoir subi un changement de fréquence, comme si elle provenait d’une planète en mouvement. D’après les calculs, il pourrait s’agir d’une technosignature, c’est-à-dire un signal provenant d’une civilisation technologique. La nature du signal et le fait qu’il semble se déplacer ont fait rêver de nombreux chercheurs.

Un satellite orbitant autour de la Terre
Crédits Pixabay

Cependant, des analyses plus poussées ont amené la communauté scientifique à statuer que le signal n’a rien d’un phénomène extraordinaire. Cette étude a été effectuée par Amir Siraj et le professeur Abraham Loeb de l’université de Harvard.

Des signaux provenant de la technologie humaine ?

Proxima Centauri se trouve à 4,2 années-lumière de la Terre. Le système possède deux planètes, dont une géante gazeuse et une planète rocheuse un peu plus grande que la Terre. La température de l’astre est inférieure à celle du soleil, soit environ 6000 Kelvins.

Il serait peu probable que ces planètes puissent abriter une forme de vie. Le fait est que la chaleur de leur étoile ne suffit pas pour qu’elles puissent receler de l’eau liquide en leur sein. En plus, celle-ci éjecte régulièrement de la masse coronale, une bulle de plasma qui rend la vie impossible.

« Seule la technologie humaine produit des signaux comme ceux-là. Le plus difficile serait de savoir si ceux-ci provenaient de l’espace ou de la technologie générée par l’homme. »

Sofia Sheikh, une étudiante de la Pennsylvania State University et membre de l’équipe Breakthrough qui dirige l’analyse du signal de BLC-1

Des démystifications similaires

De son côté, l’Observatoire radio de l’Université d’État de l’Ohio (le Big Ear Observatory) a récemment reçu un signal « Wôw ! 2020 ». Finalement, il s’agirait d’un signal terrestre émanant d’un avion ou d’un satellite militaire inconnu. Notons que le premier signal « Wow! » avait été capté le 15 août 1977 par le même centre de recherche.

Le premier pulsar découvert en 1967 avait été traduit comme une technosignature provenant d’une civilisation E.T. Le signal a même été baptisé LGM (pour Little Green Men). En 1965, des astronomes russes ont également pensé en avoir détecté.

Dans les deux cas, les scientifiques se sont trompés. L’intensité du signal était relativement importante, ce qui l’excluait du modèle astrophysique ayant été établi à l’époque. Au final, il ne s’agissait que d’un effet de la physique des quasars.