Chez les poulpes, les ventouses servent également d’organe du goût

Nicholas Bellono, un professeur de biologie moléculaire et cellulaire à l’Université d’Harvard, a publié mardi dernier dans la revue Cell, les résultats d’une étude qu’il a mené avec son équipe, suggérant que chez les poulpes, les ventouses servent également d’organes du goût.

Dans ce cas précis, il s’agit de la découverte d’un nouveau type de cellules sensorielles présentes dans ces fameuses ventouses. Le professeur Bellono s’est en effet penché les tentacules de ces céphalopodes, remarquant qu’elles semblaient tâtonner et se comporter différemment en fonction des objets et éléments palpés.

Une poulpe et ses tentacules munis de ventouses

Crédits Pixabay

Et apparemment, les poulpes sont pourvus au niveau du tissu qui constitue leurs ventouses, un type de récepteur unique leur permettant en quelque sorte de « goûter » la surface avec laquelle la ventouse est en contact.

De grandes langues qui explorent les alentours et initient le contact

En soi, le principe selon lequel se base cette capacité n’est pas tellement nouveau pour les chercheurs. Toutefois, les mécanismes impliqués dans ce phénomène sont tout à fait inédits : cellules sensitives, récepteurs, stimuli, etc. Et les chercheurs l’ont apparemment bien compris.

Ils expliquent ainsi que chez les poulpes, les stimuli n’ont pas à rejoindre le cerveau. Le réseau de nerfs du tentacule se charge en effet de traiter les informations, et cela indépendamment du système nerveux central. D’ailleurs, il semblerait bien que cela soit aussi le cas chez les autres céphalopodes.

Le professeur Bellono et son équipe ont également découvert qu’un « récepteur atypique d’acétylcholine » qui, normalement, répond aux signaux émis par le système nerveux joue un grand rôle dans le phénomène en émettant des signaux électriques vers le système nerveux au contact d’éléments chimiques particuliers.

Des récepteurs cachés dans les ventouses pour se nourrir et se protéger

En plus du toucher, ces récepteurs vont donc donner aux poulpes l’équivalent d’un sens du goût, qui va leur être utile pour se défendre.

Selon les chercheurs, ces récepteurs peuvent en effet détecter les terpénoïdes, des molécules produites par certains invertébrés marins pour se défendre en cas d’attaque. En présence de molécules de ce genre, le poulpe est donc prévenu que la situation est peut-être dangereuse et qu’il a intérêt à décamper.

Même si ces résultats ouvrent la voie à une meilleure compréhension des poulpes et de leur biologie, il reste beaucoup à apprendre concernant par exemple ces fameux récepteurs chimiques, selon les chercheurs. L’occasion pour le professeur Bellono et son équipe de poursuivre un peu plus longtemps la cohabitation en laboratoire avec ces animaux qui apparemment les fascinent.

Mots-clés biologie marine