Chine : Les premiers hybrides « porcs-singes » ont vu le jour dans un laboratoire

Dans le cadre de la recherche visant à faciliter les transplantations humaines en développant des organes humains chez les animaux (organogenèse xénogénique), des chercheurs chinois ont procédé à des implantations de cellules-souches de singe dans des embryons de porcs, donnant ainsi naissance aux premières chimères porcs-singes.

Selon Tang Hai, scientifique du Laboratoire national de cellules souches et de biologie de la reproduction à Pékin, et membre de l’équipe de recherche : « Il s’agit du premier signalement de chimères porcs-singes à terme ».

Crédits Pixabay

Les porcs-singes n’ont pas longtemps survécus en raison des complications liées au processus de fécondation in vitro. Malgré tout, les résultats de l’expérience pourront être utiles dans le renforcement du processus de production d’organes en laboratoire à base de cellules souches.

« Une expérience donnant naissance à dix porcelets vivants dont deux étaient chimériques »

À la grande surprise des chercheurs, dix porcelets sont nés de l’expérience dont huit ordinaires et deux chimériques, c’est-à-dire contenant des cellules souches de deux espèces différentes, notamment celles de macaques (Macaca fascicularis) et de porcs.

L’expérience consistait, en fait, à implanter, par fécondation in vitro des cellules de macaques dans environ quatre mille embryons de porcs. Ces cellules de singes ont ainsi été fortifiées et marquées à l’aide de protéines spécifiques pour ensuite être implantées dans des embryons de porcs qui ont, à leur tour, été implantés dans les truies.

Dans cette étude, les chercheurs ont choisi d’utiliser des cellules de singes au lieu de cellules humaines afin d’éviter que ces dernières migrent dans des organes tels que le cerveau de l’animal, ce qui pourrait aboutir à des résultats pas très bien vus.

Les cellules de singe se sont développées dans quelques organes des porcelets

Le cœur, le foie, les poumons, la rate et la peau des porcelets sont les principaux organes dans lesquels les cellules de singe se sont développées.

En effet, ces cellules n’ont pas pu migrer vers d’autres organes à cause de la faiblesse du taux de chimérisme (variant de 1/1000 à 1/10.000 pour les hybrides).

Néanmoins, les scientifiques pensent poursuivre et améliorer leurs recherches en augmentant le taux de chimérisme, et en utilisant les données issues de cette première expérience.

Selon l’un d’eux, les résultats de cette expérience : « pourraient ouvrir la voie à surmonter les obstacles dans l’ingénierie des organes hétérogènes et atteindre l’objectif ultime de la reconstruction des organes humains chez un grand animal ».

Mots-clés génétiquehybride