Chine : le tourisme et la recherche d’extraterrestres ne font pas bon ménage

La Chine s’intéresse énormément à ce qui se passe dans l’Univers et le gouvernement chinois a ainsi fait construire un gigantesque radiotélescope pour tenter de détecter une forme de vie extraterrestre : le fameux FAST. Les instigateurs du projet n’avaient malheureusement pas anticipé les interférences causées par les touristes venus visiter l’installation.

FAST, pour Five-hundred-meter Aperture Spherical Radio Telescope, est situé dans le bassin naturel du comté de Pingtang et il est à l’heure actuelle le deuxième plus grand radiotélescope au monde après le RATAN-600.

FAST Chine

FAST a été mis en fonction dimanche dernier.

Il se compose ainsi de 4 450 panneaux triangulaires disposés sur une structure métallique s’étirant sur environ cinq cents mètres de diamètre, le tout pour une superficie atteignant les 196 000 mètres carrés.

FAST, un radiotélescope ambitieux

Extrêmement perfectionné, le FAST offre une sensibilité équivalente à environ trois fois celle du radiotélescope installé à Arecibo et il peut observer dans des fréquences comprises entre 0,07 et 3 GHz avec une précision de pointage de quatre secondes d’arc.

La Chine a eu besoin de plusieurs années pour le développer. Le projet a en effet été proposé au milieu des années 90 et il a ensuite été approuvé par le gouvernement chinois en 2008. Les débuts des travaux ont commencé deux ans plus tard et il a donc fallu un peu plus de cinq ans pour construire ce monumental appareil.

En parallèle, le gouvernement a également été obligé de déplacer toutes les personnes vivant autour du site afin de créer une zone blanche et éviter ainsi toutes les nuisances électromagnétiques. Environ neuf mille personnes ont été obligées de déménager afin de libérer un rayon de cinq kilomètres autour du radiotélescope.

Les efforts et sacrifices consentis ont cependant fini par payer et le FAST a ainsi été activé en septembre dernier.

Un problème de touristes

Histoire de rentabiliser la construction de l’appareil, le gouvernement chinois et les investisseurs ont fait construire une quarantaine d’hôtels et de restaurants autour du site afin d’accueillir les touristes venus admirer ce nouveau fleuron de l’astronomie moderne.

Seul problème, selon le directeur du planétarium de Pékin, la présence de ces nombreux touristes ne serait pas forcément une bonne chose et elle pourrait ainsi augmenter drastiquement la pollution électromagnétique autour du radiotélescope… et fausser ainsi ses résultats.

D’après lui, il faudrait donc limiter autant que possible l’accès à la zone pour éviter les mauvaises surprises et les faux-positifs.

Pour le moment, les autorités n’ont pris aucune décision.