ClearSpace-1/ESA: 83 millions d’euros pour rapatrier un débris spatial

L’ESA est prête à payer 83 millions d’euros pour désorbiter un débris spatial en 2025. L’Agence spatiale européenne travaillera à cet effet avec la startup suisse ClearSpace comme prestataire dans le cadre de la mission ClearSpace-1.

Pour ce faire, ClearSpace compte utiliser un appareil assez particulier, une navette spatiale remorquant un filet conique, qui sera utilisé à la manière d’un filet de pêche afin de capturer le débris spatial Vespa (ce n’est pas la marque de scooter) puis le ramener sur Terre.

Un satellite orbitant autour de la Terre

Crédits Pixabay

Le contrat entre la startup suisse et l’ESA a été annoncé de manière officielle fin de la semaine dernière. Et même si cette mission prévue pour 2025 est une première, sa réussite ouvrira la voie à une manière de s’occuper des 22 300 objets qui polluent actuellement l’orbite basse de la Terre, selon les données de l’Agence spatiale européenne.

ClearSpace va s’occuper d’un débris spatial de 112 kg

Selon les mots d’ESA, la mission est la première qui œuvrera à enlever un débris spatial de son orbite gravitationnelle. Le débris spatial ciblé par la mission à 83 millions d’euros est le Vespa ou Vega Secondary Payload Adapter, un vestige d’un lanceur Vega de l’ESA.

En effet, après avoir accompli sa mission en mettant sa précieuse cargaison en orbite – un satellite Proba-V – en 2013, Vespa et ses 112 kilos ont rejoint les milliers de débris spatiaux fourmillants à basse orbite au-dessus de nos têtes. Enfin, jusqu’à ce que ClearSpace propose de s’en charger.

Mais pourquoi l’opération est-elle si onéreuse ?

La question que tout le monde se pose sûrement est la suivante : pourquoi cela revient-il aussi cher pour désorbiter un seul débris spatial ? La réponse est simple. Il s’agit d’une première du genre, un premier essai que l’ESA compte bien tirer à son avantage.

La méthode que ClearSpace veut développer pour cette première mission sera amenée à être répliquée dans de futures missions si c’est une réussite. Ainsi, pour l’ESA, il s’agit plus d’un investissement sur les recherches et les technologies produites par l’entreprise.

Ce début couteux pourrait ensuite ouvrir à l’ESA et à ClearSpace les portes d’un avenir florissant dans le marché du nettoyage spatial. Et comme vous le savez, avec tout ce qui s’est retrouvé dans l’espace au fil des décennies de conquête et d’exploration spatiales, et les risques encourus, on en a plus que grand besoin.

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