Combien de temps reste-t-il à l’humanité ?

Selon Avi Loeb, scientifique au sein de la Harvard University et auteur du livre « Extraterrestrial : The First Sign of Intelligent Life Beyond Earth », le défi le plus vital de la société est d’étendre la longévité de l’humanité. Dans un article qu’il a rédigé pour le site Scientific American, Loeb explique son point de vue sur l’avenir de l’humanité, surtout en ce qui concerne la technologie. Le chercheur indique que lors d’une conférence récente, quelqu’un lui a demandé combien de temps il restait à notre civilisation technologique. En résumé, il a répondu qu’il était très probable que l’on soit en train de vivre l’âge adulte de notre durée de vie technologique, ce qui fait qu’il est possible que l’humanité puisse encore survivre pendant quelques siècles mais pas davantage.

Par rapport à cette réponse, Loeb lui-même s’est demandé si ce destin statistique de l’humanité était inévitable. D’après lui, il reste encore une lueur d’espoir pour les humains. Cela implique la possibilité que l’on possède un libre arbitre et que nous puissions réagir face à la détérioration des conditions. Par exemple, de bons choix politiques pourraient atténuer les risques de catastrophes technologiques associées au changement climatique, aux pandémies que l’on s’inflige nous-mêmes, ou aux différentes guerres.

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Loeb a toutefois indiqué que l’on ne sait pas si ceux qui prennent les décisions vont effectivement faire face aux défis qui nous attendent et vont nous sauver de ce destin statistique qui n’est pas du tout encourageant. On a pu observer que les humains ne savaient pas vraiment réagir aux risques qu’ils n’ont encore jamais rencontrés. Les politiques adoptées face au changement climatique le prouvent.

Le point de vue fataliste

Loeb explique dans son article que si l’on s’en tient au point de vue fataliste, il y a des principes qui tendent à soutenir ce dernier. Il y a par exemple le Modèle Standard en physique qui suggère que nous sommes tous faits de particules alimentaires sans aucun constituant additionnel. En tant de systèmes composites, on ne possède ainsi pas de liberté au niveau fondamental puisque les particules et leurs interactions suivent toutes les lois de la physique. De ce point de vue, ce que l’on considère comme le « libre arbitre » englobe juste les incertitudes associées avec l’ensemble complexe de circonstances affectant les actions humaines. Les humains et leurs interactions complexes ne présentent pas un sens de prédictibilité au niveau personnel, mais le destin de la civilisation en général pourrait être affecté par notre passé, et ce dans un sens statistique inévitable.

Ainsi, le temps qu’il nous reste en ce qui concerne notre futur technologique pourrait suivre les informations statistiques relatives au destin de civilisations similaires à la nôtre ou qui étaient là avant nous, et qui ont vécu sous les mêmes conditions physiques. Selon Loeb, la plupart des étoiles se sont formées il y a de cela des milliards d’années et ont pu être les hôtes de civilisations technologiques au niveau de leurs planètes habitables. Si l’on pouvait obtenir des données historiques sur la durée de vie d’un certain nombre de ces civilisations, on aurait pu calculer les probabilités de survie de notre civilisation pour des périodes de temps différentes. En principe, on pourrait obtenir ces données en se tournant vers l’archéologie spatiale.

Partir ou rester sur Terre ?

D’un autre côté, le fait d’être confronté à une fin certaine pourrait pousser l’esprit humain à défier les probabilités. Selon Loeb, nos chances de survie pourraient augmenter si un groupe de personnes décident de quitter la Terre. En effet, trouver un autre endroit dans l’espace offre l’avantage de préserver notre civilisation d’un désastre qui pourrait arriver si l’on ne vit que sur une seule planète. D’ailleurs, on sera un jour forcé de quitter la Terre puisque le Soleil va faire s’évaporer toute l’eau liquide de notre planète dans environ un milliard d’années. En supposant bien sûr que l’humanité existe toujours.

Il y a évidemment de grands défis à relever pour voyager dans l’espace puisque même un voyage vers Mars, qui peut être considéré comme assez court, présente beaucoup de dangers. Mais réussir à trouver des solutions pour pouvoir habiter sur Mars permettra d’améliorer nos capacités à reconnaitre des planètes terraformées autour d’autres étoiles.

Un autre obstacle qui se pose est cependant le fait de savoir qu’il y a des tas de problèmes à gérer sur Terre, ce qui pourrait diminuer les efforts pour essayer d’explorer l’espace. Selon Loeb, on doit reconnaitre que n’avoir que des objectifs banals ne nous permettra pas d’obtenir les connaissances élargies nécessaires à notre survie sur le long terme. Il est vrai qu’il faut se concentrer sur les problèmes locaux, mais il faut aussi élever notre perspective pour s’ouvrir à un plus large horizon. Rétrécir notre façon de voir ne va nous mener que vers des conflits puisque cela va amplifier nos différences. Une perspective plus élargie va par contre générer une coopération en réponse aux défis planétaires.