Comment Daech fait-il pour accéder à internet depuis la Syrie ?

Daech utilise les canaux numériques pour diffuser sa propagande et recruter de nouveaux candidats au djihad. L’organisation terroriste est très présente sur internet, bien sûr, mais également sur les réseaux sociaux où elle détient des centaines de comptes et de pages différents. La question que tout le monde se pose, c’est évidemment de savoir comment elle fait pour accéder au web depuis certaines régions comme la Syrie.

Fidèle à sa réputation, le Spiegel s’est lancé dans une véritable enquête pour tenter de répondre à cette épineuse question. L’hebdomadaire allemand a notamment concentré ses efforts sur les services d’accès internet par satellite.

Daech Satellite

Daech utiliserait des antennes satellites pour se connecter à internet.

Pour quelle raison ? En réalité, c’est assez simple. Il existe un trafic d’antennes satellites du côté de la frontière séparant la Syrie et la Turquie.

Daech exploiterait des antennes satellite située à la frontière entre la Turquie et la Syrie

Ces antennes se destinent avant tout à la population locale mais elles peuvent aussi être exploitées par des groupuscules terroristes et c’est précisément ce qui a poussé Nicolai Kwasniewski à se rapprocher de plusieurs opérateurs européens comme Eutelsat, Avanti ou même SES.

Ils sont effectivement très présents sur le vieux continent et ils possèdent un certain nombre d’antennes sur place.

Sans surprise, ils ont commencé par indiquer qu’ils ne comptaient pas l’Etat Islamique parmi leurs clients directs. SES a même été plus loin en disant qu’elle ne travaille qu’avec des clients clairement identifiés, des clients qui ne sont absolument pas présents en Syrie.

Même son de cloche du côté d’Eutelsat et d’Avanti.

Ceci étant, ces trois entreprises ont aussi des contrats avec de nombreux opérateurs spécialisés, des opérateurs qui achètent des volumes de transmission de données pour les revendre ensuite à leurs propres clients.

Le problème, bien sûr, c’est qu’il est très difficile de remonter jusqu’aux clients finaux. Difficile, voire impossible.

Il y a aussi un autre point à prendre en compte. Le Spiegel n’est sans doute pas le premier à se rapprocher de ces entreprises et il y a de bonnes chances que les services de renseignement européens aient aussi pensé à les contacter. Dans ce contexte, elles ont tout intérêt à noyer le poisson pour leur permettre de travailler dans les meilleures conditions possibles.

En attendant, sur le front, les Anonymous luttent toujours pour faire tomber les sites de l’Etat Islamique et les différents comptes qu’il utilise sur les réseaux sociaux. Ils ont d’ailleurs prévu une opération spéciale demain. Elle a été évoquée dans cet article.

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