Comment les gens tombent-ils dans les théories du complot ?

Cela fait des années que les théories du complot existent, surtout dans des pays comme les Etats-Unis. Aujourd’hui, elles gagnent de plus en plus de terrain grâce à Internet et à l’existence des réseaux sociaux, et les sujets les plus mis en avant sont par exemple le doute par rapport à la sûreté des vaccins, ou encore le fait de croire que les élections américaines de 2020 ont été trafiquées. Mais qu’est-ce qui fait qu’une personne est plus susceptible de croire aux théories du complot qu’une autre ?

Selon la science, il y a bien certains traits qui font qu’un individu est plus facile à convaincre qu’un autre lorsqu’il s’agit de réagir à une information relative à une théorie du complot.

Un billet d'un dollar
Crédits Pixabay

Certaines expériences peuvent être menées pour évaluer si une personne est susceptible de croire à ce genre de théorie. Il y a par exemple celle qui teste la façon de penser d’une personne pour arriver à une conclusion, et il y a aussi celle qui montre si une personne voit des séquences là où il n’y en a pas.

Ne vous inquiétez pas trop si vous ratez les tests puisqu’il existe aussi d’autres facteurs pouvant pousser une personne à croire aux théories du complot.

Les traits de caractère pouvant être évalués

Est-ce que vous êtes du genre à tirer des conclusions hâtives ?

Une étude a montré que les personnes qui possèdent ce trait de caractère sont plus susceptibles de croire à des théories du complot puisqu’elles sont du genre à se faire une opinion sur quelque chose, même quand les preuves sont minces. Un petit test basé sur l’observation des oiseaux peut révéler ce trait chez un individu. Mais si vous faites partie de cette catégorie, cela ne veut pas dire que vous êtes automatiquement un théoricien du complot.

Il s’agit en effet d’une simple « pièce du puzzle » qui ne suffit pas vraiment à qualifier une personne.

Un autre exercice réalisé au cours d’une étude sur le sujet des théories du complot menée en 2018 se sert de jetons. Les participants doivent observer 10 séquences de 10 jetons lancés et dire s’ils croient que les résultats ont été prédéterminés ou produits au hasard. Ce test est utilisé pour mesurer ce qu’on appelle la perception de formes illusoires, c’est-à-dire la tendance à voir des formes là où il n’y en a pas.

Selon les résultats, les participants qui croyaient qu’il y avait une séquence prédéterminée en ce qui concerne le lancement des jetons étaient plus susceptibles de croire aux théories du complot.

Les chercheurs ont également utilisé d’autres tests comme essayer de détecter des formes dans des peintures abstraites, et les résultats ont été les mêmes. Il s’agit ici d’un trait assez commun chez les théoriciens du complot qui font souvent des connexions entre des événements sans lien entre eux ou des symboles. Toutefois, c’est également un trait qui peut apparaitre chez de nombreuses personnes sans qu’elles soient fans de théories bizarres. Cela peut arriver à tout le monde de voir de l’ordre dans le chaos, par exemple de voir des formes d’animaux dans les nuages.

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D’autres facteurs en jeu

Selon les scientifiques, d’autres facteurs environnementaux peuvent aussi influencer les gens à croire les théories du complot.

D’après Gordon Pennycook, professeur en science du comportement à l’Université de Regina et qui fait des recherches sur le raisonnement et la prise de décisions, un élément important à prendre en compte est à quel point on est exposé à ce genre d’idée. Selon lui, personne ne peut repousser toutes les idées qui sont fausses. Elles finissent par s’installer lorsqu’on est tout le temps exposé.

Actuellement, les réseaux sociaux jouent un rôle majeur dans la propagation de ces théories. On a pu voir beaucoup d’exemples de théories concernant le coronavirus. Et avec le confinement, on a dû passer plus de temps chez soi, et on s’est donc un peu plus exposé aux différentes théories avec l’augmentation de l’utilisation des médias sociaux.

Les personnes plus susceptibles étaient ainsi des cibles parfaites en ce qui concerne l’exposition aux théories du complot.

Ainsi, on peut dire que la réponse n’est pas vraiment simple pour ce qui est des facteurs pouvant pousser les gens à croire aux théories du complot. La cause est en effet une combinaison de particularités cognitives et de facteurs environnementaux. En tout cas, avec ces informations, chacun pourra juger par lui-même à quel point il est susceptible de croire aux différentes théories.

Mots-clés psychologie