Condamné à mort pour des vidéos partagées sur les réseaux sociaux

Ahmad Al-Shamri avait une vingtaine d’années et il a été condamné à mort en Arabie Saoudite pour quelques vidéos partagées sur les réseaux sociaux. Il a en effet eu la mauvaise idée de dénoncer le Prophète.

L’homme était originaire de la ville de Hafar Al-Batin, une ville très importante comptant environ un demi million d’habitants. Située dans le nord du pays, elle se trouve également à quelques dizaines de kilomètres de la frontière du Koweït et de celle de l’Irak.

Condamnation

Très connecté, Ahmad avait pris l’habitude de partager ses pensées et ses idées sur ses profils sociaux. Et notamment sur Twitter, où il était extrêmement actif depuis plusieurs années.

Ahmad a publié des vidéos dans lesquelles il déclarait avoir renoncé à l’Islam

En 2014, les autorités ont émis un mandat d’arrêt à son nom. Elles l’ont effectivement accusé d’avoir partagé sur des médias sociaux des vidéos dans lesquelles il déclarait avoir renoncé à l’Islam, des vidéos dans lesquelles il critiquait prétendument le Prophète Mohammed.

La police a donc envoyé plusieurs agents à son domicile et Ahmad a été placé en détention pour athéisme et blasphème.

Il est passé devant un tribunal local en février 2015 et son avocat a présenté un plaidoyer dans lequel il expliquait que son client était sous l’influence d’alcool et de drogues au moment des faits. La stratégie mise en place n’a malheureusement pas porté ses fruits. Ahmad a effectivement été condamné à la peine la plus sévère : la mort.

L’avocat a alors demandé la clémence de la Cour d’appel, mais cette dernière a refusé de suspendre la peine de son client. Face à la situation, il a donc décidé de jouer le tout pour le tout et de déposer un recours à la Cour suprême au début de l’année.

Il a perdu en appel

Après examen du dossier, cette dernière a finalement décidé de ne pas s’opposer au tribunal. Ahmad a donc perdu cet appel aussi.

L’affaire a été largement médiatisée, bien entendu, mais l’Arabie Saoudite a refusé de confirmer les informations relayées par les médias. Cela vaut notamment pour l’identité du condamné et pour les motifs de la condamnation. Plusieurs médias ont contacté les autorités locales, mais ces dernières n’ont pas donné suite à leur demande.

Une chose est sûre en tout cas, cette condamnation ne tombe pas au meilleur moment pour le gouvernement du pays.

L’Arabie Saoudite vient en effet d’être élue membre de la Commission de la condition des femmes à l’ONU. Cette décision n’a évidemment pas fait l’unanimité et cela peut aisément se comprendre puisque le pays applique des règles strictes en la matière.

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