Condamnée pour avoir poussé son copain au suicide par SMS

Michelle Carter a une vingtaine d’années et elle est passée devant le tribunal la semaine dernière pour avoir incité son ami à se suicider en 2014 par le biais de plusieurs SMS et de quelques coups de téléphone. Elle a été reconnue coupable d’homicide involontaire. La sentence sera communiquée le 3 août prochain. Elle risque une peine maximale de vingt ans de prison.

Le drame s’est produit durant l’été 2014. Michelle avait 17 ans et elle fréquentait un garçon un peu plus âgé qu’elle, un certain Conrad Roy.

Suicide SMS

Le 12 juillet 2014, le garçon a été retrouvé mort dans sa camionnette, garée dans le parking d’un supermarché de la ville.

Elle a encouragé son petit ami à se suicider par textos

Il avait rempli son véhicule de monoxyde de carbone et les enquêteurs ont rapidement conclu à un suicide. Toutefois, en examinant le smartphone de la victime, ils ont eu la surprise de découvrir plusieurs textos envoyés par une dénommée Michelle Carter, des textos encourageant explicitement l’adolescent à commettre l’irréparable.

L’enquête a duré plusieurs semaines, mais la police est parvenue à reconstituer les faits dans le moindre détail.

Les adolescents s’étaient rencontrés en 2012. Perturbés l’un comme l’autre, ils ont immédiatement sympathisé et leur amitié s’est transformée rapidement en une belle idylle amoureuse. Michelle souffrait d’une grave dépression à l’époque et son psychiatre, un certain Peter Breggin, lui avait ainsi prescrit du Prozac pendant huit mois.

Les doses avaient ensuite été réduites et le traitement arrêté pendant quelques semaines avant de reprendre de plus belle.

Durant l’été 2014, Conrad Roy a commencé à envoyer des textos alarmants à sa petite-amie, des textos faisant explicitement allusion au suicide. Loin de chercher à le dissuader de passer à l’acte, l’adolescente l’a au contraire encouragé à mettre fin à ses jours.

Un coup de fil décisif

Ce matin-là, le garçon a pris sa camionnette et il s’est rendu sur le parking d’un supermarché de sa ville. Après avoir garé le véhicule, il l’a rempli de monoxyde de carbone et il a pris place au volant. Là, il a envoyé plusieurs messages à sa petite amie. Puis, alors que l’air devenait irrespirable, il est sorti de sa camionnette et il a passé un dernier coup de téléphone à Michelle.

Ils ont échangé pendant quelques minutes. Ensuite, l’adolescente lui a ordonné de retourner dans la camionnette pour finir ce qu’il avait commencé. Conrad a obtempéré, tout en gardant sa petite-amie en ligne. Cette dernière a donc pu assister à toute la scène. Elle l’a entendu tousser et s’étouffer au téléphone, sans pour autant prévenir les secours ni même lui demander de sortir du véhicule.

Ce coup de téléphone a été décisif et c’est précisément ce qui a poussé Lawrence Muniz, le juge chargé de l’affaire, à rendre son verdict.

Un verdict qui a fait couler beaucoup d’encre, d’autant que l’état du Massachusetts n’a pas encore de loi pénalisant l’encouragement au suicide. D’après les observateurs, la décision du juge pourrait d’ailleurs relancer le débat portant sur la responsabilité des citoyens américains dans le suicide d’une personne tierce.

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