Conduite autonome : L’IIHS déplore que les constructeurs automobiles ne tiennent pas assez en alerte les conducteurs

Vendredi 13 mars 2020, Roadshow by Cnet nous informe que l’IIHS (Insurance Institute for Highway Safety) ou Institut des assurances pour la sécurité routière, une organisation américaine à but non lucratif financée par des compagnies d’assurance automobile, estime que les constructeurs automobiles ne mettent pas assez en garde les conducteurs sur les risques qu’ils encourent en manquant d’attention au volant, même si leur véhicule est doté de systèmes partiellement automatisés.

En effet, l’IIHS pense que les technologies de conduite automatisée devraient être réglementées, ou du moins, que les constructeurs automobiles devraient déployer plus d’efforts pour conscientiser les conducteurs sur la nécessité de garder leur attention fixée sur la route tout au long de leur conduite et ne pas trop se fier aux systèmes de conduite autonome ou semi-autonome.

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Pour ce faire, l’organisation a publié le jeudi 12 mars 2020 des lignes directrices à l’attention des constructeurs automobiles et du gouvernement.

Les technologies de Tesla, General Motors et Nissan impliquées dans les remarques de l’IIHS

Ces lignes directrices portent sur les systèmes classés au niveau 2 de l’échelle d’autonomie SAE (Society of Automotive Engineers). L’Autopilot de Tesla, le Super Cruise de General Motors et le ProPilot Assist de Nissan se trouvent dans cette catégorie. A titre de comparaison, le niveau 5 de cette échelle correspond à une autonomie complète du véhicule.

Toutefois, l’IIHS estime que certaines fonctionnalités proposées par les constructeurs automobiles ne devraient même pas figurer au niveau 2, comme c’est le cas du changement automatique de voie. Selon ce groupe de sécurité financé par l’industrie de l’assurance, il est important que ces systèmes gardent toujours le conducteur en alerte.

L’IIHS suggère d’instaurer plusieurs signaux pour garder le conducteur en alerte

Pour que ce soit le cas, l’IIHS est d’avis à ce que les constructeurs automobiles installent plusieurs garde-corps sur leurs véhicules. Par exemple, le Cadillac de General Motors a obtenu des bons points pour avoir inclus un système de caméra sur sa technologie Super Cruise pour surveiller le conducteur et un garde-corps qui n’active le mode de conduite semi-autonome que sur les autoroutes cartographiées et divisées. Par contre, le constructeur automobile n’a pensé à aucune fonction pour garder le conducteur en alerte et éviter un danger.

Concrètement, l’IIHS exige que les constructeurs automobiles déploient une série d’alertes qui peuvent se déclencher dès que le conducteur est distrait. La première alerte serait un rappel visuel. La deuxième, un rappel visuel accompagné d’une alerte sonore ou physique qui pourrait être une vibration de siège. Si après tout cela, l’attention du conducteur ne revient pas, l’IIHS propose trois alertes retentissantes et enfin, comme dernier avertissement, les trois alertes accompagnées d’un freinage pulsé.

Si le conducteur est toujours absent, l’IIHS recommande aux constructeurs automobiles de désactiver le système

Si après ces signaux, le conducteur reste inattentif, l’IIHS appelle les constructeurs automobiles à désactiver le système de pilotage, arrêter lentement la voiture et allumer les feux de détresse. Pour finir, l’organisation conseille de bloquer la technologie de conduite semi-autonome pour le reste du trajet du conducteur.

Néanmoins, ces lignes directrices de l’IIHS ne sont que des conseils que les constructeurs automobiles peuvent choisir de suivre ou non. Mais l’organisation déclare que ce serait le meilleur moyen d’assurer la sécurité des conducteurs et d’éviter que ces derniers ne dépendent excessivement de la technologie de conduite autonome.