Contrat JEDI : Une juge fédérale suspend l’exécution du contrat et fait revenir Amazon dans la course

Le contrat JEDI du Pentagone a fait bien couler beaucoup d’encre l’année dernière. Souvenez-vous, il avait attisé un tumulte chez les employés de Google, conduisant à sa non-participation à la course et une farouche concurrence entre Microsoft et Amazon pour que finalement, le contrat – et ses 10 milliards de dollars à la clé – finisse dans les mains, ou plutôt les poches, de Microsoft ! Sauf qu’il se peut que rien ne soit encore joué.

En effet, mauvais perdant ou pas, Amazon a eu sa défaite en travers de la gorge à tel point que le géant technologique a porté plainte devant un tribunal fédéral pour contester la décision du Ministère de la Défense (DOD). Justement, Reuters nous apprend que la décision de la juge, rendue le jeudi 13 février 2020, a été rendue publique le vendredi 6 mars 2020.

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Verdict ? La juge Patricia Campbell-Smith, qui siège à la Cour fédérale des réclamations des États-Unis, a rendu une ordonnance de blocage des travaux sur le contrat JEDI en attendant la résolution de la contestation judiciaire d’Amazon.

Quand les points de vue du judiciaire et de l’exécutif divergent

Apparemment, la décision de la juge a été motivée par la manière dont le Pentagone avait estimé l’évaluation de prix de Microsoft au niveau du stockage de données, ou le cloud computing. En effet, selon la magistrate, Amazon « est susceptible de réussir sur le fond de son argument selon lequel le DOD a incorrectement évalué » Microsoft sur un des critères requis. Elle ajoute qu’Amazon pourrait démontrer que contrairement à l’évaluation du Pentagone, ce que proposait Microsoft au niveau du cloud computing n’était pas « techniquement réalisable ».

A noter que le Pentagone avait initialement prévu de commencer à travailler sur le contrat le 13 février dernier. Le Ministère de la Défense s’est ainsi dit déçu de la décision rendue. De son côté, le porte-parole de Microsoft, Frank X.Shaw, a rappelé dans un communiqué que « le gouvernement indique clairement qu’à son avis, la solution de Microsoft répond aux normes techniques exigées » et note que la décision de la juge n’est centrée que sur un point sur les six points requis dans le contrat. Ce à quoi, la juge aurait simplement indiqué dans sa décision que :

Dans un contexte d’un marché public de services de cloup computing, le tribunal estime qu’il est très probable que cette défaillance soit importante.

Quand le nom de Donald Trump apparaît dans la plainte d’Amazon

La plainte déposée par Amazon allègue effectivement que la décision du Ministère de la Défense est truffée « d’erreurs flagrantes » qui résulteraient de « pressions indues du président Donald Trump ». Pour rappel, l’actuel numéro un des États-Unis a publiquement tourné Jeff Bezos, le PDG d’Amazon, en dérision après son action en justice.

Et comme Jeff Bezos est également propriétaire du Washington Post, le quotidien a, à de nombreuses reprises, critiqué le président des Etats-Unis – mais ce dernier le lui a bien rendu aussi. En février, l’Amazon Web Services, la branche de cloud computing d’Amazon, a déclaré qu’elle cherchait un moyen d’inclure Donald Trump dans son dossier judiciaire. L’entreprise est même venue à penser que le président des Etats-Unis tentait de l’évincer de ce contrat avec le Pentagone.

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