Coronavirus aux États-Unis : le CDC ne sera plus en charge de la collecte des données

D’après un article récent du New York Times, l’administration Trump a ordonné aux hôpitaux d’envoyer directement toutes les informations concernant les patients atteints du Coronavirus dans une base de données sécurisée située à Washington, DC. Une décision qui a choqué les experts du Centers for Disease Control and Prevention (CDC) qui craignent que le gouvernement n’instrumentalise ces données à des fins politiques.

Selon la Maison-Blanche, cette initiative a été prise afin de centraliser et d’optimiser la collecte des données concernant la propagation du Covid-19.

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En effet, selon le Dr Deborah Birx, coordinatrice du groupe de travail sur le Coronavirus au sein de la Maison-Blanche, les hôpitaux ne communiquent pas correctement leurs données. La prise en main de cette tâche par l’administration centrale devrait donc permettre à celle-ci de mieux gérer la pandémie en allouant les équipements nécessaires aux hôpitaux.

À partir du 15 juillet 2020, ce sera donc le HHS, et non plus le CDC, qui collectera les données sur les patients, sur le nombre des respirateurs et de lits disponibles dans les hôpitaux ainsi que les autres informations vitales sur la pandémie.

Un nouveau processus de collecte

Selon les instructions fournies par le Ministère de la Santé et des Services Sociaux (HHS), les hôpitaux sont invités à envoyer directement à l’administration centrale les informations concernant les patients en cours de traitement. Ces instructions ont été résumées dans un document publié sur le site Web du ministère, rapporte Sheryl Gay Stolberg, journaliste au New York Times.

Un lien internet redirigeant vers un formulaire de saisie sera alors envoyé aux hôpitaux afin de permettre à ceux-ci de fournir les informations nécessaires. Une fois les champs remplis et le formulaire soumis, un e-mail de confirmation concernant la validation de la procédure sera envoyé par le système HHS Protect. L’ancienne procédure nécessitant l’envoi de feuilles Excel a donc été abandonnée.

La base de données sécurisée HHS Protect qui stockera les informations fournies par les hôpitaux est un produit de Palantir, une société de la Silicon Valley spécialisée en exploration de données et analyse prédictive. Palantir est toutefois une structure très critiquée, car d’une part, elle a été cofondée et financée par Peter Thiel, un proche de Trump.

Et d’autre part, elle a participé à différents contrats avec l’armée et avec différentes agences gouvernementales clandestines.

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Une décision controversée

Selon The Times, certains responsables de la santé publique sont néanmoins inquiets que la nouvelle directive ne soit qu’une autre manière pour l’administration Trump de politiser les données en contournant l’avis des experts du CDC.

Quatre anciens directeurs du CDC ont d’ailleurs publié leurs craintes dans le Washington Post en affirmant qu’« aucun président n’a jamais politisé la Science comme Trump l’a fait », ils ont même rajouté que la gestion du Coronavirus par la Maison-Blanche nuit à la santé publique.

Par ailleurs, Nicole Lurie, ancienne secrétaire adjointe à la préparation et à la réponse, au HHS du temps de l’administration Obama, a déclaré que « centraliser le contrôle de toutes les données sous l’égide d’un appareil intrinsèquement politique est dangereux et engendre la méfiance ». En écartant le CDC de la boucle de collecte des données, le combat contre la pandémie peut donc devenir plus difficile. Voir même anéantir tous les efforts déjà entrepris jusqu’ici.

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