Coronavirus : des pirates iraniens ont attaqué le fabricant de médicaments Gilead

Le vendredi 8 mai, Reuters a rapporté que des pirates informatiques liés à l’Iran ont tenté d’accéder aux données du personnel du fabricant de médicaments américain Gilead Sciences. Pour rappel, ce fabricant a mis au point le médicament antiviral remdesivir, le seul traitement dont l’efficacité a été prouvée contre le coronavirus et dont la Food and Drug Administration (FDA) a autorisé l’utilisation en urgence dans les hôpitaux américains et sur les patients atteints de coronavirus.

Des archives Web accessibles au public et examinées par Reuters et trois chercheurs en cybersécurité ont effectivement révélé qu’en avril dernier, un haut responsable de Gilead impliqué dans les affaires juridiques et commerciales a reçu une fausse page de connexion par e-mail dans le but de voler des mots de passe.

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Néanmoins, Reuters n’a pas pu déterminer si les pirates informatiques ont réussi leur coup ou non.

L’Iran nie toute implication dans ces attaques

Selon Ohad Zaidenberg, le chercheur en chef du renseignement au sein de la société de cybersécurité israélienne Clearsky, cette attaque visait à compromettre les comptes de messagerie du personnel de l’entreprise en usurpant l’identité de journalistes. Deux autres chercheurs, restés anonymes, ont également déclaré que les domaines Web et les serveurs d’hébergement utilisés lors de ces attaques sont liés à l’Iran.

Toutefois, le représentant iranien Alireza Miryousefi aux États-Unis a nié toute implication de l’Iran dans ces attaques. Il a affirmé que « le gouvernement iranien ne s’engage pas dans la cyber-guerre » et que « les cyberactivités auxquels l’Iran s’engage sont purement défensives et protègent contre de nouvelles attaques contre les infrastructures iraniennes ».

Des cyberattaques visant à obtenir plus d’informations dans la lutte contre le coronavirus

Notons que ce n’est pas la première fois que des cyberattaques sont perpétrées à l’encontre des entreprises pharmaceutiques et des instituts de recherche qui travaillent sur les traitements du coronavirus. Récemment, des pirates liés au Vietnam avaient ciblé le gouvernement chinois pour savoir comment la Chine avait géré cette crise sanitaire.

De plus, Priscilla Moriuchi, directrice du développement des menaces stratégiques de la société de cybersécurité américaine Recorded Future et ancienne analyste de l’US National Security Agency, a déclaré que la technique utilisée par ces pirates avait déjà utilisée dans d’autres cyberattaques effectuées par un groupe de pirates iraniens connu sous le nom de « Charming Kitten ». Elle ajoute également que :

L’accès à un simple courrier électronique du personnel d’une société pharmaceutique occidentale de pointe pourrait donner au gouvernement iranien un avantage dans le développement de traitements et la lutte contre la maladie.

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