Coronavirus : Google dévoile l’impact des mesures de confinement dans plusieurs pays à travers les données de localisation de ses utilisateurs

Google a publié des rapports révélant l’impact des mesures de confinement sur le trafic, le commerce, les transports et les emplois dans 131 pays afin d’aider les autorités sanitaires à évaluer si les gens respectaient ou non les mesures de confinement établies dans plusieurs pays du monde pour freiner la propagation du coronavirus.

L’analyse des données de localisation provenant des téléphones des milliards d’utilisateurs de Google représente effectivement le plus grand ensemble de données publiques disponible actuellement et, apparemment, ces données reflètent la gravité de l’épidémie ainsi que la dureté et l’ampleur des mesures prises par les gouvernements.

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Malgré la controverse que suscite l’utilisation des données de localisation en matière de confidentialité, Google affirme avoir pris les précautions nécessaires et publié ces rapports pour aider les chercheurs à prévenir l’expansion de l’épidémie.

Des baisses allant jusqu’à 94% pour les taux de visite des magasins

Google a établi ses rapports sur la base des données de localisation de ses utilisateurs sur la période du 16 février au 29 mars 2020 et selon ses analyses, l’Italie et l’Espagne ont été les pays les plus durement touchés avec une chute de 94% du taux de visites dans les magasins et les centres de loisirs comme les restaurants et les cinémas.

Après eux viennent le Royaume-Uni, la France et les Philippines qui ont quant à eux enregistré des baisses de plus de 80%. L’Inde a également connu la baisse notable de 77%. Par contre, aux États-Unis et en Australie, les baisses étaient en dessous de 50% vu le manque de mesures prises par les États américains au début de la pandémie.

Quant à l’Australie, de nombreuses personnes ont continué d’aller à la place avant le renforcement des mesures de distanciation sociale.

Au Japon et en Suède, les visites dans les magasins et centres de loisirs n’ont baissé que d’un quart environ étant donné que les autorités n’ont pas pris de mesures sévères.

Et du côté de la Corée du Sud, le pays a réussi à contenir une grande partie de l’épidémie grâce à la rapidité des tests et de l’identification des cas contacts, la baisse des visites dans le pays n’a été que de 19%.

Google se veut être un gardien de la confidentialité

La Dre Karen DeSalvo, responsable de la santé chez Google Health et Jen Fitzpatrick, la vice-présidente principale de Google, ont déclaré que « ces rapports ont été élaborés pour être utiles tout en respectant nos protocoles et politiques de confidentialité strictes ».

Les données que Google a prises en compte dans ces rapports proviendraient des utilisateurs qui ont activé la fonctionnalité « Historique des positions » de Google sur leurs appareils. Néanmoins, l’entreprise assure avoir pris des dispositions techniques pour garantir que personne ne puisse être identifié grâce aux rapports.

Les spécialistes des maladies infectieuses ont affirmé que l’analyse des déplacements entre les groupes selon leur âge, revenu et autres critères démographiques pourrait aider à façonner les annonces de service public. Toutefois, Google a déclaré qu’il ne fournissait pas de données démographiques, mais qu’à la place, l’entreprise pouvait inclure plus d’information et de pays dans ses rapports de suivi.

Actuellement, certains gouvernements n’hésitent pas à se servir des données de localisation pour suivre la propagation du virus. Des pays comme la Chine, Singapour, la Corée du Sud ou encore l’Allemagne ont demandé à leurs citoyens d’utiliser des applications et d’autres technologies pour s’assurer qu’ils respectent les mesures de confinement instaurées. Toutefois, les défenseurs de la vie privée assurent que ce genre de surveillance peut compromettre les libertés individuelles et ils pourraient ne pas avoir tort.