Coronavirus : la chloroquine augmenterait le risque de décès chez les malades

Depuis l’apparition de la pandémie de Coronavirus COVID-19, les chercheurs du monde entier s’évertuent à mettre au point un traitement efficace contre le virus. Jusqu’à présent, l’espoir reposait principalement sur la chloroquine et son dérivé, l’hydroxychloroquine.

Oui, mais voilà, une toute nouvelle étude publiée tout récemment dans la revue scientifique The Lancet remet l’efficacité du traitement en question. Elle démontre en effet des risques d’effets secondaires graves chez les malades, notamment des problèmes cardiaques.

Un homme équipé de masque et de gants

Crédits Pixabay

Menée par le professeur Mandeep Mehra de l’université d’Harvard, l’étude a été publiée le 22 mai dernier, créant un véritable tôlée auprès de la communauté médicale.

Une étude sérieuse sur l’hydroxychloroquine

Le Pr Mehra et ses collègues ont mené l’enquête pendant plusieurs mois, entre le 20 décembre 2019 et le 14 avril 2020. Ils ont récolté des données dans 671 hôpitaux à travers le monde, auprès de 96 000 malades du COVID-19, dont plusieurs traités par hydroxychloroquine.

Les chercheurs ont alors constaté que ceux qui ont suivi le traitement par chloroquine ou hydroxychloroquine couraient un risque de décès « significativement plus élevé que ceux qui n’en avaient pas reçu ». L’étude a démontré que les patients ont tendance à développer « un rythme cardiaque irrégulier, ou une arythmie, pouvant entraîner une mort cardiaque subite ».

Sur les 15 000 malades traités par chloroquine ou hydroxychloroquine, l’étude a démontré une inquiétante augmentation de 34 % des risques de mortalité, tandis que les risques de problèmes cardiaques graves ont considérablement augmenté de 137 %.

L’OMS suspend temporairement les essais cliniques

Suite à l’étude publiée dans la revue The Lancet, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a pris la décision de suspendre « temporairement » tous les essais cliniques avec l’hydroxychloroquine. La nouvelle a été annoncée le 25 mai dernier le directeur général de l’OMS en personne, Tedros Adhanom Ghebreyesus, lors d’une conférence de presse virtuelle.

Adhanom Ghebreyesus a indiqué que les essais cliniques seront suspendus le temps que les données présentées dans l’étude soient examinées par des experts. Il a particulièrement insisté sur le fait que cette mesure n’est que temporaire, et que les recherches se poursuivent pour essayer de déterminer si l’hydroxychloroquine est vraiment risquée pour la santé.