Coronavirus : un nouveau prototype de respirateur artificiel pour approvisionner les hôpitaux belges

La situation devient critique : face à l’accroissement effrayant du nombre de malades touchés par le COVID-19, la production mondiale de respirateurs artificiels n’arrive plus à suivre la cadence. Les secteurs concernés se tournent alors vers la recherche d’alternatives capables de combler ce gap. C’est ainsi que l’Université Catholique de Louvain (UCLouvain) a pris l’initiative de développer un respirateur simplifié à bas prix, disponible rapidement.

La pénurie de respirateurs s’est généralisée à l’échelle mondiale. Les récents événements apparus en Italie faisant état de près de 11 000 décès témoignent de la gravité de la situation.

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D’après Andreas Wieland, DG de Hamilton Medical, le plus grand fabricant de respirateurs au monde, l’offre italienne en respirateurs est de moins du quart de la demande. Il a indiqué que sa société reçoit plus de commandes des États-Unis, de la Turquie, de la Chine… autant dire, de partout dans le monde.

Le respirateur fabriqué à l’UCLouvain a été développé pendant une dizaine de jours par un corpus d’environ 200 volontaires. Le dispositif sera produit en masse dès la semaine prochaine si tout se passe bien.

Une alternative à moindre coût, disponible immédiatement

Le principe de fonctionnement du respirateur artificiel est assez intuitif. Il s’agit d’un appareil qui fournit de l’air aux poumons grâce à une pompe placée dans la trachée. Le prototype de l’UCLouvain, qui a réussi les tests sur un poumon artificiel, fonctionne plus simplement que les respirateurs professionnels. Il ne nécessite pas de réglages et a été paramétré pour répondre aux besoins des malades du coronavirus pendant les premières 48 à 72 heures de leur admission.

L’utilisation du prototype est destinée uniquement pour répondre aux besoins de la pandémie. Fabriqué avec des matières premières facilement disponibles, ce respirateur simplifié a nécessité un coût de production de quelques centaines d’euros et sera distribué dès le courant de la semaine prochaine si ces concepteurs obtiennent l’autorisation de le faire.

En effet, pour pouvoir être utilisé dans les hôpitaux et centres de soins, le respirateur devra obtenir une autorisation. L’UCLouvain a déjà contacté l’organisme belge en charge de délivrer ce document. Des rapports techniques ainsi que des analyses de risques ont été transmis à l’organisme pour accélérer l’obtention de cette accréditation.

Objectif : un respirateur par patient

Le projet Breath4Life qui a donné naissance à ce prototype de respirateur est une initiative open source. Cette dernière a pour objectif de combler la pénurie qui risque de se produire dans les hôpitaux belges si la pandémie continue de s’accroître. Cette initiative est née d’un mémoire rédigé au MIT et a mobilisé près de 200 volontaires (chercheurs, professionnels de santé et industriels) pour compléter les phases de développement, d’industrialisation et de distribution du produit.

Du côté des autres fabricants, la production de respirateurs est également à la hausse comme l’indique le PDG de Medtronic, Omar Ishrak. Cette initiative est suivie par Philips et l’on s’attend donc à des fournitures plus rapides de ces équipements médicaux.

En attendant, les médecins essayent de s’approvisionner comme ils peuvent (services vétérinaires, services d’anesthésie, zoos…). La pire crainte est que, par manque de matériels, les médecins ne soient obligés de décider qui devra vivre ou mourir.

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