L’accès à Facebook bloqué par l’armée birmane

Après avoir évincé le gouvernement démocratiquement élu et assigné à résidence la dirigeante de Myanmar Aung San Suu Kyi, l’armée birmane a mis les bâtons dans les roues de la firme de Zuckerberg. La junte militaire, invoquant des raisons de sécurité, a ordonné aux fournisseurs de bloquer l’accès à Facebook alors que plus de 25 millions de Birmans utilisent la plateforme pour se tenir au courant de ce qui se passe dans leur pays.

Selon le Ministère de la communication et de l’information du Myanmar, « des gens déstabilisent le pays, diffusent de fausses nouvelles et provoquent des malentendus parmi les gens en utilisant Facebook». C’est pourquoi les partisans du chef des forces armées Min Aung Hlaing, ceux qui ont pris le pouvoir par un coup d’Etat lundi dernier, ont jugé nécessaire de censurer le réseau social. Ils craignent notamment que la vague massive de critiques proférées par les opposants au coup d’Etat sur Facebook ne provoque le chaos.

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Facebook ainsi que Messenger et WhatsApp ont de ce fait été inaccessibles aux utilisateurs du Myanmar depuis mercredi 3 février 2021.

L’accès à Twitter et Instagram également perturbé

Quelques jours après, Twitter et Instagram ont subi le même sort. Selon Telenor, une société de télécommunications norvégienne fournissant des services en Birmanie, les dirigeants militaires ont donné l’ordre de restreindre l’accès aux services de ces deux réseaux sociaux.

Le ministère des transports et des communications a fait valoir que les publications sur Twitter, principalement accompagnées des hashtags #HearthevoiceofMyanmar, #RespectOurVotes « provoquent des malentendus au sein du public ».

La connexion internet était également coupée samedi dernier et a été restaurée le lendemain. L’accès aux réseaux sociaux était encore perturbé dimanche après-midi. Il n’a pas été communiqué à quelle date la situation reviendra à la normale.

Telenor, Facebook et Twitter s’expriment

Les entreprises technologiques concernées par les décisions des dirigeants militaires de Myanmar ont partagé leur point de vue sur la situation.

« Bien que la directive soit fondée sur le droit du Myanmar, Telenor ne croit pas que la demande soit fondée sur la nécessité et la proportionnalité, conformément au droit international des droits de l’homme », a déclaré l’opérateur norvégien de réseaux mobiles dans un communiqué.

Pour sa part, le porte-parole de Facebook Andy Stone a demandé aux « autorités de rétablir la connectivité afin que les habitants du Myanmar puissent communiquer avec leurs familles et amis et accéder à des informations importantes ».

De son côté, Twitter voit le blocage de l’accès à sa plateforme comme étant un non respect du « droit des gens à faire entendre leurs voix ».

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