Covid-19 : 8 personnes hospitalisées sur 10 souffrent de symptômes neurologiques

Selon les analyses effectuées au cours d’une étude réalisée par le Global Consortium Study of Neurologic Dysfunction in COVID-19 ou GCS-NeuroCOVID, les risques de décès pour les patients de la Covid-19 hospitalisés présentant des symptômes neurologiques seraient six fois plus élevés que ceux des patients ne montrant aucune complication neurologique.

L’étude présente les premiers résultats d’un travail de collecte d’informations auprès de 133 sites à travers le monde sur l’incidence, la gravité et les conséquences des manifestations neurologiques de l’infection due au SARS-CoV-2. Le premier auteur, Sherry Chou, chercheur principal de GCS-NeuroCOVID et professeur associé en médecine des soins intensifs, en neurologie et en neurochirurgie à la faculté de médecine de l’Université de Pittsburgh et à l’UPMC, a déclaré que beaucoup de patients hospitalisés ont développé des problèmes neurologiques, et ce depuis le début de la pandémie. Etant donné que la maladie est toujours présente un an plus tard, il est important selon elle d’en apprendre davantage sur le fonctionnement de cet « ennemi inconnu invisible » et de recueillir le plus d’informations possible sur les impacts neurologiques sur les patients malades ainsi que sur les survivants.

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Les résultats de l’étude ont été publiés dans la revue JAMA Network Open le 11 mai 2021 dernier.

Les symptômes neurologiques sont assez courants

Au cours de l’étude, les chercheurs ont analysé le cas de 3 744 patients adultes hospitalisés à cause de la Covid-19. Parmi eux, 82 % présentaient des symptômes neurologiques déclarés ou constatés cliniquement. Environ 3 personnes sur 10 ont déclaré avoir perdu l’odorat ou le goût, et 4 sur 10 ont signalé des maux de tête.

D’autre part, les médecins ont constaté que l’encéphalopathie aigue était très courante chez les patients et avait touché près de la moitié d’entre eux. Il y a également le coma qui a été observé chez 17 % des cas, et les accidents vasculaires cérébraux qui touchaient 6 % des malades. Pour ces symptômes, les patients n’étaient pas toujours conscients du problème avant qu’il ne soit constaté par les cliniciens.

En ce qui concerne les cas de gonflement ou d’inflammation du cerveau dus au SARS-CoV-2, comme l’encéphalite et la méningite, les cas enregistrés étaient particulièrement rares puisque moins de 1 % des patients hospitalisés étaient concernés.

Des risques de décès plus élevés

Trois différents groupes ont été considérés durant l’étude. Le premier était appelé « all COVID-19 » et était constitué de 3 055 personnes infectées par le coronavirus et hospitalisées indépendamment de leur statut neurologique. Il y avait ensuite le groupe « neurologique » comprenant 475 patients hospitalisés atteints de la Covid-19 et présentant des symptômes neurologiques confirmés cliniquement par le GCS-NeuroCOVID. Le dernier groupe, appelé « ENERGY », comprenait 214 patients hospitalisés de la Covid-19 qui avaient dû être évalués par un neurologue consultant. Ces patients avaient aussi donné leur accord pour faire partie de l’European Academy of Neurology Neuro-COVID Registry (ENERGY) qui est aussi un partenaire officiel du Consortium GCS-NeuroCOVID.

Selon les résultats de l’étude, les patients qui souffraient d’une affection neurologique préexistante (Alzheimer, migraines chroniques, maladies du cerveau…) avaient deux fois plus de chance de développer des complications neurologiques liées à la Covid-19. D’autre part, les risques de décès sont six fois plus élevés pour les personnes présentant des symptômes neurologiques en relation avec l’infection au SARS-CoV-2, qu’il s’agisse de symptômes inoffensifs comme la perte de l’odorat ou de symptômes graves comme les accidents vasculaires cérébraux.

Les auteurs de l’étude ont indiqué que même si une personne se rétablit, on ne peut pas prédire comment sera sa santé sur le long terme.

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