Covid-19 : a-t-on encore une chance de retrouver le patient zéro ?

Récemment, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a proposé d’enquêter sur les origines du nouveau coronavirus qui a causé le Covid-19. Cependant, les autorités chinoises se sont fermement opposées à ce plan, soulevant la question de savoir si le monde saura un jour dans quelles circonstances le coronavirus SARS-CoV-2 a infecté les humains.

Mais les chercheurs n’ont pas renoncé pour autant. En effet, il se pourrait que les scientifiques puissent déterminer quels animaux et quelles activités ont facilité la transmission de la maladie, rapporte Live Science. Et ce, même si l’on n’identifie jamais le Patient Zéro, en d’autres termes, la première personne infectée et qui a propagé la pandémie.

Un homme se tenant devant une sculpture ayant la forme d'un virus
Crédits Gerd Altmann – Pixabay.com

Seulement, le premier hic est que le SRAS-CoV-2 peut être particulièrement difficile à tracer à cause de son incohérence dans la production de maladies. Ci-dessous de plus amples explications.

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Quand est réellement apparu le premier cas de Covid-19 ?

En effet, entre 30 à 40% des personnes infectées par le SRAS-CoV-2 sont asymptomatiques et de nombreuses autres ne présentent que des symptômes légers qui sont facilement confondus avec un rhume ou la grippe. Pour information, Wuhan, là où les premiers cas sont apparus, était en plein milieu d’une saison de grippe à l’automne 2019 lorsque les premiers cas de Covid-19 sont apparus.

Dans un article paru dans Science en avril dernier, Joel Wertheim, un biologiste de l’évolution à l’Université de Californie à San Diego et son équipe ont déclaré que l’émergence la plus précoce possible du coronavirus était en octobre 2019 mais que le moment le plus probable était en mi-novembre 2019.

Selon Wertheim, très peu de personnes ont été infectées à la mi-novembre, suggérant que les rapports d’hospitalisations précoces à Wuhan auraient pu être dus à la grippe et non au Covid-19. D’ailleurs, l’autorité sanitaire locale de Wuhan a signalé les premiers cas de pneumonie mystérieuse dans la ville le 31 décembre 2019. L’OMS a par la suite déterminé que le premier cas de Covid-19 était un homme tombé malade le 1er décembre 2019.

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L’OMS compte mener des recherches plus poussées

Lors de l’épidémie de SRAS-1, les marchés d’animaux vivants n’ont pas été fermés, a déclaré Stephen Goldstein, chercheur postdoctoral en virologie évolutive à l’Université de l’Utah. Pour rappel, le SRAS-Cov-1, le plus proche parent du coronavirus actuel, est apparu en novembre 2002 sur un seul patient, un agriculteur du Guangdong décédé à l’hôpital. Mais cet agriculteur n’aurait été que l’un des premiers cas qui ont émergé dans cinq villes distinctes.

D’autres études ont révélé que le SRAS-CoV-1 était étroitement lié à un virus trouvé chez les chauves-souris, qui a ensuite infecté les animaux vendus sur les marchés d’animaux sauvages, en particulier les civettes. Une étude de 2003 du Center for Disease Control and Prevention a révélé que 13% des personnes impliquées dans le commerce d’animaux sauvages avaient des anticorps contre le SRAS-1 contre seulement 1% à 3% de la population générale.

Il est ainsi possible que le virus se soit transmis aux animaux et aux humains de manière asymptomatique ou avec des symptômes minimes avant l’apparition de l’épidémie majeure. En tout cas, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Zhao Lijian, a déclaré dans un communiqué que « dans la prochaine étape des études sur l’origine dirigées par l’OMS, nous devrions adopter une vision globale et mener des recherches dans différents pays et plusieurs endroits au lieu de nous concentrer sur un seul domaine ».

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