Covid-19 : bientôt un traitement grâce à la technologie CRISPR ?

La Covid-19 est toujours là, en dépit de nos nombreux efforts pour éradiquer la maladie. Et c’est un problème. C’est un problème, car si nous avons désormais à notre disposition plusieurs vaccins pour nous en protéger, il n’existe pas encore de traitement pour l’éradiquer. Cela pourrait cependant changer prochainement.

Des chercheurs australiens travaillant pour l’Institut Peter Doherty pour les infections et l’immunité a en effet publié mardi une nouvelle étude dans la revue Nature Communications.

La photo d'un virus
Photo de Pete Linforth. Crédits Pixabay

Très intéressante, cette étude explique comment les chercheurs de l’institut ont réussi à bloquer la transmission du SARS-CoV-2 dans les cellules humaines infectées en s’appuyant sur la technologie CRISPR.

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CRISPR pour limiter la réplication du SARS-CoV-2

CRISPR, pour Clustered Regularly Interspaced Short Palindromic Repeats, fait à l’origine allusion à des familles de séquences repérées dans l’ADN. Observée pour la première fois en 1987 par Yoshizumi Ishino, elle a connu de nombreux noms et elle a fini par être utilisée pour typer des souches bactériennes. Depuis, bien sûr, elle a fait l’objet de nombreuses études et nous avons notamment découvert dans les années 2000 que certaines séquences avaient un rôle immunitaire.

Sharon Lewin, de son côté, a réuni une équipe afin de déterminer si les technologies dérivées du CRISPR pouvaient nous aider à lutter contre la Covid-19, et plus précisément contre le virus responsable de la maladie.

L’équipe s’est donc appuyée sur CRISPR-Cas13b, une enzyme, afin d’attaquer le virus. Avec succès. Elle a réussi à faire en sorte que cette dernière se lie aux séquences d’ARN présentes sur le coronavirus pour dégrader ensuite le génome qu’il utilise pour se répliquer à l’intérieur des cellules humaines.

L’idée n’était donc pas de l’éliminer, mais plutôt d’empêcher qu’il puisse se répandre dans son hôte.

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Des débuts prometteurs, mais il reste encore beaucoup à faire

La tâche n’était pas aisée, mais les efforts de l’équipe de chercheurs ont porté leur fruit. Comme Sharon Lewin l’a expliqué à l’AFP, l’outil développé par son équipe est désormais capable de reconnaître le SRAS-CoV-2 et de le cibler pour empêcher sa réplication.

En revanche, il est important de signaler que ces essais ont été faits sur des cultures en laboratoire. L’équipe espère pouvoir commencer prochainement des essais sur les animaux, mais il faudra sans doute un moment avant que ces travaux aboutissent sur un remède.

En attendant, il est donc indispensable d’appliquer toutes les mesures de précaution habituelles, à commencer par la distanciation sociale. Il peut également être utile de rappeler que le gouvernement français souhaite apporter de nombreux changements au pass sanitaire.

Vous trouverez un résumé des annonces faites par le président en début de semaine dans ce dossier.

En tout cas, Lewin semble convaincu de la pertinence de son travail. Elle pense en effet que l’outil développé par son équipe nous permettra à terme de lutter plus efficacement contre la Covid-19, mais également contre les prochains coronavirus susceptibles d’apparaître.

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