Quand la Covid-19 révèle (encore) des inégalités hommes / femmes

Durant la première période de confinement qui s’est déroulée l’année dernière, des chercheurs de L’UCL (University College London) ont effectué un sondage pour recueillir des informations sur la répercussion du confinement sur les hommes et les femmes. L’enquête a été menée au Royaume-Uni en avril et en mai 2020 et un total de 12 278 hommes et 17 298 femmes ont participé à l’étude.

Selon les résultats du sondage, les femmes auraient effectué environ deux fois plus de travaux ménagers et de garde d’enfants que les hommes au cours de cette période. D’autre part, des hausses du niveau de détresse psychologique auraient été plus susceptibles d’être observées chez les femmes qui consacraient beaucoup de temps aux travaux ménagers et à la garde des enfants.

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En ce qui concerne le travail, il semblerait également que les mères étaient plus susceptibles que les pères de réduire leurs heures de travail afin de s’occuper des enfants.

Inégalités au niveau de la répartition des tâches

D’après les données statistiques obtenues en avril et mai 2020 concernant les heures moyennes de travail non rémunérées par semaine, il semblerait que les femmes soient beaucoup plus impliquées que les hommes. « Les inégalités entre les sexes persistent dans le partage des activités de soins non rémunérées », ont déclaré Baowen Xue et Anne McMunn, auteurs de l’article et tous les deux de l’UCL.

Les données utilisées par les chercheurs au cours de l’étude sont issues d’une enquête longitudinale à longue durée du nom d’Understanding Society. Cette étude avait pour but d’examiner les comportements des ménages britanniques. Ainsi, en avril 2020, 15 426 personnes ont participé au sondage contre 14 150 en mai.

Selon le rapport, en général, les femmes consacraient environ 15 heures par semaine aux travaux ménagers. Quant aux hommes, ils y passaient moins de 10 heures par semaine. En ce qui concerne la garde des enfants et l’enseignement à domicile, les femmes y consacraient plus de 20 heures par semaine, que ce soit en avril ou en mai. Pour les hommes, ils passaient moins de 12 heures par semaine à réaliser ces tâches.

En tout, au sein des ménages, 64 % des tâches ménagères étaient effectuées par les femmes, et pour ce qui est de prendre soin des enfants, ce chiffre était de 63 %.

D’autre part, il s’avère que les pères qui travaillent étaient 5 % moins susceptibles que les mères de réduire leurs heures de travail et 7 % moins susceptibles de changer leur façon de travailler pour s’occuper des travaux ménagers et des enfants.

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La santé mentale et le confinement

Cette étude a aussi montré les risques de développement d’une détresse psychologique chez les femmes qui devaient consacrer plus de temps dans les travaux ménagers, la garde des enfants, ainsi que l’école à domicile en avril. L’association entre les deux était plus faible en mai.

Pour les hommes, aucune association significative  n’a été relevée pour les deux périodes.

D’un autre côté, les niveaux de détresse psychologique étaient également particulièrement élevés pour l’un des parents qui devait adapter seul ses habitudes de travail, ainsi que pour les mères qui s’occupaient seules de leurs enfants et devaient adapter leur façon de travailler.

Bien que l’étude ait bien mis en exergue l’inégalité de la répartition des tâches entre les hommes et les femmes dans les ménages, elle présente une certaine limite. En effet, le nombre d’hommes et celui des femmes ayant participé étaient différents aussi bien en avril qu’en mai. En avril, 6 419 hommes ont participé au sondage contre 9 007 femmes. En mai, il y avait 5 859 hommes contre 8 291 femmes. 

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Les auteurs de l’étude ont indiqué qu’à l’avenir, la sensibilisation par rapport à l’existence continue des préjugés sexistes est essentielle aussi bien au niveau des couples que pour les employeurs.

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