Covid-19 : la Chine a-t-elle secrètement supprimé des séquences de gènes du SRAS-CoV-2 ?

Le SRAS-CoV-2 à l’origine de la Covid-19 n’a pas encore révélé le mystère de ses origines. Il semblerait cependant que la Chine ait volontairement brouillé les pistes lors de l’apparition des premiers cas. C’est du moins ce que suggère une découverte réalisée par Jesse Bloom , un chercheur originaire de la ville de Seattle. L’information est rapportée par le Times.

Un virus est un organisme vivant comme les autres. A ce titre, il évolue constamment pour s’adapter et survivre.

Deux masques posés l'un sur l'autre et formant une croix
Image par Anastasia Gepp de Pixabay 

Le SRAS-CoV-2 ne déroge pas à la règle. Evoqué pour la toute première fois à la fin de l’année 2019, le virus a en effet beaucoup évolué et il a donné vie à un nombre conséquent de variants. Dont le fameux variant Delta.

Des données supprimées

Pour déterminer l’origine du virus, les chercheurs doivent donc trouver sa version originelle. Et donc le virus qui a donné vie à toutes les souches.

Jusqu’à présent, les scientifiques ont choisi de se focaliser sur le marché de Wuhan, un marché où seraient apparus les premiers cas. L’OMS a même envoyé une équipe sur place afin de mener une enquête. Qui n’a cependant pas donné grand-chose.

La Chine, de son côté, a très vite transmis des échantillons aux chercheurs afin de leur permettre d’étudier le virus et de préparer des vaccins. Toutefois, il semblerait que ces échantillons aient été altérés.

Une information confirmée par le NIH

Jesse Bloom, un chercheur travaillant pour le Fred Hutchinson Cancer Center de Seattle, a en effet déclaré avoir découvert des séquences génétiques extraites des premiers cas de coronavirus en Chine, des séquences supprimées de la base de données du NIH.

Une information confirmée par ce dernier. La décision aurait ainsi été prise en juin 2020 et à la demande du chercheur qui les avait soumises en mars de la même année.

Dans un article publié sur bioRxiv, un article qui n’a pas encore été évalué par ses pairs, il explique ainsi avoir récupéré des fichiers supprimés de Google Cloud et avoir découvert que ces séquences étaient dépourvues de trois mutations spécifiques. Des mutations qui manquent également dans les échantillons prélevés sur les premiers patients atteints par la maladie.

D’après lui, et ses conclusions sont à prendre avec prudence, ces données suggèrent que le SARS-CoV-2 responsable de la Covid-19 circulait en Chine avant son apparition sur le marché des fruits de mer de Wuhan.

Des conclusions trop hâtives ?

Robert Garry, un professeur d’immunologie travaillant pour l’Université de Tulane, ne pense cependant pas que cette découverte soit incriminante pour la Chine. Interrogé par CNN, il a en effet expliqué que si ces séquences ont peu de chances d’avoir été supprimées sciemment et pour semer le trouble au sein de la communauté scientifique. Et ce pour une raison assez simple : elles ne nous apprennent rien de plus sur le virus à l’origine de l’une des pires pandémies de notre histoire récente.

Pour ce spécialiste, donc, cette suppression résulterait davantage d’une erreur ou d’une négligence.

Un avis que partage Andrew Preston, un professeur de pathogenèse microbienne de l’Université de Bath en Grande-Bretagne. Ce dernier reproche d’ailleurs à Jesse Bloom de ne pas se montrer suffisamment factuel dans son article et de trop laisser planer le doute sur ce qui a conduit à la suppression de ces données.

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