Covid-19 : la moitié des Français ne comptent pas se faire vacciner

Plusieurs entreprises pharmaceutiques de plusieurs pays travaillent actuellement sur l’élaboration de vaccins contre la Covid-19. Récemment, Pfizer et BioNtech ont annoncé être sur le point de produire un vaccin qui serait efficace à 90 % contre le virus SARS-CoV-2. Toutefois, alors que les autorités sanitaires se démènent à trouver un moyen pour lutter contre la propagation de la maladie, notamment en suivant de près les progrès effectués sur les vaccins, les populations de nombreux pays, dont les Français, deviennent quant à elles de plus en plus méfiantes envers la vaccination. 

Les résultats d’un nouveau sondage, publié le jeudi 5 novembre dernier, montrent que beaucoup de personnes ne souhaitent pas se faire vacciner même si un vaccin contre la Covid-19 était disponible. L’étude a été réalisée sur Internet entre le 8 et le 13 octobre 2020 auprès de 18 526 personnes. Les participants au sondage étaient âgés de 16 à 74 ans et appartenaient à 15 nationalités différentes.

Crédits Pixabay

Parmi les 15 pays qui figuraient dans l’enquête, la France se retrouve tout en bas du classement avec le moins de personnes souhaitant se faire vacciner.

Pas de vaccination ou vaccination non immédiate

D’après le sondage, les Français seraient les plus hostiles à la vaccination. Si en août dernier, 59 % des Français ont déclaré être d’accord pour recevoir une injection, à l’heure actuelle, ils ne seraient plus que 54 %, soit un peu plus d’une personne sur deux. Selon le directeur du pôle opinion Ipsos, Etienne Mercier, la défiance vis-à-vis de la vaccination a toujours été présente en France, mais elle est particulièrement forte en ce moment.

L’étude a aussi révélé que certains de ceux qui acceptent de se faire vacciner ne veulent le faire qu’un certain temps après la sortie d’un potentiel vaccin. A l’échelle mondiale, 52 % des participants ont indiqué ne vouloir le faire que trois mois après la sortie du produit, 16 % entre un à trois mois et 14 % en moins d’un mois. Seulement 16 % d’entre eux sont prêts à se faire vacciner immédiatement.

En ce qui concerne les Français, ils constituent encore le groupe le plus méfiant. En effet, 54 % des participants ont déclaré vouloir prendre le vaccin au cours de l’année, 38 % en moins de trois mois, et 12 % ont accepté de le faire au moment de la sortie du vaccin.

A lire aussi : Covid-19, où l’on reparle (sérieusement) de l’hypothèse du laboratoire

Une hésitation face aux effets secondaires

Selon l’enquête, les questions sur les éventuels effets secondaires du vaccin constitueraient les principales préoccupations des participants, même si les raisons peuvent parfois varier selon les pays.

Ainsi, 32 % des Français qui refusent la vaccination s’inquiètent de ces effets secondaires tandis que 35 % ont indiqué que les essais cliniques ont été effectués hâtivement.

D’après le rapport, la méfiance des Français envers la vaccination pourrait s’expliquer par les discours anti-vaccins qui répandent l’idée selon laquelle ces produits peuvent causer de graves maladies telles que la sclérose en plaques. Il y a aussi la peur de certains produits « adjuvants » utilisés dans leur fabrication.

A lire aussi : Au Brésil, suspension des essais d’un vaccin anti Covid-19 suite à un incident

Selon Mercier, pendant longtemps, les Français n’ont pas bien compris pourquoi certains vaccins sont uniquement recommandés et non obligatoires. Cela peut signifier pour eux  qu’ils ne sont donc pas nécessaires. Mais cette façon de penser a pu permettre aux discours anti-vaccins de gagner du terrain. 

Mots-clés Covid-19