Covid-19 : la thèse de la transmission aérienne validée par une étude

Une récente étude a confirmé la théorie selon laquelle le SRAS-CoV-2 se transmet facilement dans un endroit clos. Une simple respiration peut contaminer d’autres personnes en répandant des microgouttelettes infectieuses dans l’air. Concrètement, les scientifiques ont étudié un cas de figure qui a eu lieu à bord d’un bus en Chine, en janvier dernier.

Ils ont réalisé un schéma qui explique la manière dont le virus s’est propagé.

Une femme portant un masque pour se protéger du coronavirus

Photo de Juraj Varga. Crédits Pixabay

Le graphique constituerait enfin une preuve tangible de la transmission par voie aérienne du Covid-19. Elle montre la place de chaque passager infecté, et la manière dont le Coronavirus s’est répandu autour du cas suspect. Ce qui est encore plus inquiétant, c’est que la personne qui a transmis la maladie ne présentait aucun signe alarmant, elle était asymptomatique.

Les passagers dans l’autocar se rendaient à un événement bouddhiste dans la ville de Ningbo. La contamination était facile, car les masques faciaux n’étaient pas encore très courants à l’époque.

Des microgouttelettes infectées en suspension dans l’air

Les autorités sanitaires ont toujours écarté la possibilité d’une transmission aérienne, faute de preuves concrètes. Les scientifiques ont alors orienté la recherche vers les particules virales dans des microgouttelettes en suspension dans l’air qui sont expulsées à travers la parole. Ils ont conclu que le virus peut aller au-delà de 1 à 2 mètres.

Les chercheurs ont également confirmé qu’un mauvais système de climatisation est aussi un vecteur de propagation. « Le SRAS-CoV-2 est un pathogène hautement transmissible dans un environnement clos où l’air recircule », ont-ils publié.

« La climatisation a fait recirculer l’air chaud dans le bus, car c’était l’hiver. À cette époque, la sensibilisation sur la propagation du virus était encore faible. Ce cas démontre l’importance du port de masque dans les transports publics », a expliqué le Pr Alex Cook, vice-doyen de l’école de santé publique Saw Swee Hock de l’Université de Singapour (SSHSPH).

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Le port du masque est un impératif dans un environnement clos

Avant de faire le voyage, le patient zéro avait été en contact avec des personnes de Wuhan, l’épicentre de l’épidémie. Les chercheurs ont réussi à identifier les autres passagers contaminés et à les localiser. Le trajet n’a duré que 50 minutes, mais cela a suffi pour que le virus infecte 23 passagers sur les 68 présents dans l’auto.

Cette étude a été effectuée par les experts des Centres chinois de prévention et de contrôle des maladies. Elle a été publiée par la revue médicale américaine JAMA Internal Medicine.

« L’environnement fermé avec une mauvaise ventilation, les espaces encombrés et les contacts étroits favorisent la contamination. Il faut inciter les gens à rester chez eux s’ils ne se sentent pas bien, sauf pour voir un médecin », a averti le professeur Teo Yik Ying, doyen de la SSHSPH.

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