Covid-19 : le virus découvert dans les selles de personnes guéries

Des patients guéris du COVID-19 peuvent encore présenter des traces du SRAS-CoV-2 dans leurs crachats et dans leurs excréments.

C’est ce que révèle une nouvelle étude publiée dans la revue Annals of Internal Medicine, par des chercheurs de l’Institut des maladies infectieuses de l’hôpital Ditan de Pékin, Capital Medical University.

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Des patients guéris du COVID-19 qui présentent encore des traces de SRAS-CoV-2

Pour diagnostiquer le COVID-19 chez un patient, les médecins effectuent un test de réaction en chaîne par polymérase de fluorescence quantitative en temps réel (RT-qPCR) des sécrétions nasopharyngées du patient, afin de détecter d’éventuelles traces de l’ARN du SRAS-CoV-2. A part les échantillons respiratoires, les médecins peuvent également utiliser d’autres échantillons, comme l’urine, les selles ou le sang, pour détecter le virus.

Dans le cadre de leur étude, les chercheurs de l’Institut des maladies infectieuses de l’hôpital Ditan de Pékin, Capital Medical University, ont analysé des échantillons d’expectorations (crachats) et d’excréments de patients guéris du COVID-19 dont les échantillons nasopharyngés ont été testés négatifs au SRAS-CoV2. Les patients avaient tous été traités de manière symptomatique. Et avant d’être considérés comme guéris et de pouvoir quitter l’hôpital, ils ne présentaient plus aucun symptôme respiratoire, n’avaient pas eu de fièvre pendant trois jours consécutifs, avaient des résultats significativement améliorés au scanner thoracique, et avaient été testés négatifs à deux tests RT-qPCR consécutifs dans leurs sécrétions respiratoires. Les deux échantillons des tests ayant été prélevés à au moins 24 heures d’intervalle.

Pour leur étude, les chercheurs chinois ont analysé des échantillons de 133 patients qui avaient été hospitalisés avec le COVID-19 entre le 20 janvier et le 27 février 2020. Parmi eux il y avait notamment 18 patients âgés de 15 à 65 ans et 4 enfants. Au moins 24 heures après qu’ils aient été testés négatifs dans leurs échantillons respiratoires, les chercheurs ont examiné leurs échantillons de crachats et d’excréments. Et à leur grande surprise, il y en avait encore qui était positifs au SRAS-CoV2 d’après le test du RT-qPCR.

Qu’est ce que cette découverte implique ?

Sur les 133 patients, qui avaient tous des échantillons nasopharyngés négatifs, les chercheurs ont identifié 22 qui avaient un résultat encore positif au SRAS-CoV2 dans les échantillons d’expectorations et de matières fécales. Les chercheurs ont prélevé en tout 545 échantillons sur les 22 patients, dont 74 échantillons de matières fécales, 262 échantillons de crachats et 209 prélèvements pharyngés.

Et le résultat est pour le moins inquiétant, puisque même après que les échantillons pharyngés aient été testés négatifs chez ces patients, le RT-qPCR continuait d’être positif pour leurs excréments et leurs crachats pendant 13 et 39 jours respectivement.

Les chercheurs ont précisé dans leur rapport que l’étude n’a pas été réalisée de manière systématique avec un échantillonnage de tous les patients de manière protocolaire. Ils disent également ne pas pouvoir affirmer que les patients testés positifs peuvent encore contaminer d’autres personnes. Toutefois, ces résultats montrent clairement que des recherches plus approfondies doivent être menées à ce niveau.