Covid-19 : les essais d’un vaccin suspendu après un effet indésirable grave détecté chez un patient

Le lundi 7 septembre dernier, Donald Trump a annoncé que les États-Unis allaient trouver un vaccin contre le Covid-19 dans les meilleurs délais. D’ailleurs, d’après le New York Times, ses équipes de campagne estimeraient qu’un vaccin avant l’élection présidentielle lui sauverait la mise et ce serait un peu le « Saint Graal ». Ainsi, neuf géants pharmacologiques ont reçu des financements fédéraux pour élaborer des vaccins contre la pandémie.

Trois parmi les neuf groupes ont atteint la phase 3 des essais cliniques.

Crédits Pixabay

Les trois laboratoires concernés sont Pfizer, Moderna et AstraZeneca. Aux dernières nouvelles, AstraZeneca a suspendu les essais à cause d’une réaction négative observée chez un patient au Royaume-Uni. L’annonce a été faite le mardi 8 septembre. Cette pause affecte un test à grande échelle impliquant 30 000 personnes aux États-Unis, lancé vers la fin du mois d’août.

Notons que les patrons des biotechs, dont celui d’AstraZeneca, ont déjà indirectement mis en garde le président américain via un communiqué. Cet incident montre que, malgré les progrès scientifiques déjà réalisés jusqu’ici, rien n’est encore acquis.

L’examen des données de sécurité sera assuré par un comité indépendant

Selon le porte-parole d’AstraZeneca, la suspension a été décidée afin de laisser le temps à une organisation indépendante d’examiner des données de sécurité.

Il a précisé qu’il s’agit d’un contrôle de routine devant avoir lieu de manière systématique face à une affection potentiellement inexpliquée dans l’un des essais. Le but serait de préserver l’intégrité des tests.

« Nous avons déclenché une pause dans la vaccination dans le cadre de notre processus pour permettre l’examen des données de sécurité », a-t-il déclaré au Financial Times.

À lire aussi : Covid-19, la thèse de la transmission aérienne validée

Trump a été prévenu par les patrons des biotechs

De leur côté, les laboratoires ont souligné leur « engagement à développer et à tester des vaccins potentiels contre le Covid-19 avec des normes éthiques élevées et des principes scientifiques solides ». Ils ont précisé qu’il fallait attendre la confirmation de l’innocuité et de l’efficacité du produit via une étude clinique de phase 3 avant de passer à l’autorisation d’utilisation d’urgence. Ces mises en garde ne semblent pas avoir dissuadé Trump, qui semble déterminé à s’assurer le prochain mandant présidentiel.

À titre de rappel, les neuf signataires sont AstraZeneca, BioNTech, GlaxoSmithKline, Johnson & Johnson, Merck, Moderna, Novavax, Pfizer et Sanofi. Puisqu’AstraZeneca s’est momentanément retiré de la course, Pfizer et Moderna sont les seuls laboratoires ayant pu avancer jusqu’au stade 3 des essais cliniques. Pfizer estime que son produit devrait être prêt dès le mois prochain et Moderna prévoit d’obtenir des résultats vers la fin de l’année.

À lire aussi : Covid-19, des conséquences plus graves que prévues pour les enfants ?