Covid-19 : les vaccins de Pfizer et Moderna devraient nous protéger pendant des années

Une étude récente vient de démontrer que les vaccins à ARNm tels que ceux de Pfizer-BioNtech et Moderna pourraient nous protéger du SARS-CoV-2 pendant des années, et ce s’il n’y a pas une évolution significative du virus. Même si l’étude n’a impliqué qu’un petit nombre de participants, les résultats semblent très prometteurs et pourraient déjà offrir des informations sur la faculté de certains vaccins à fournir une protection à long terme.   

Depuis maintenant plusieurs mois, de nombreux pays du monde s’activent avec les campagnes de vaccination afin que leurs populations soient protégées contre la Covid-19. Si les vaccins peuvent effectivement offrir une immunité contre le coronavirus, on ne peut cependant pas déterminer précisément combien de temps cette protection va durer. Il est ainsi important de savoir s’il sera nécessaire ou non de faire des rappels plus tard. Si l’on prend l’exemple du vaccin contre le virus de la grippe, l’on sait déjà qu’il doit être renouvelé chaque année.

Une personne en train de se faire vacciner contre la Covid-19
Crédits Pixabay

Selon les explications, le niveau de protection d’un vaccin dépend en grande partie de la rapidité et de l’ampleur de l’évolution du virus. La capacité des vaccins à déclencher une réponse immunitaire durable joue également un rôle important.

Le rôle des centres germinaux

Les vaccins à ARNm se sont révélés très efficaces contre le SARS-CoV-2 et même contre les variantes qui existent actuellement. Au cours de leur étude, les chercheurs ont analysé le cas de 41 patients ayant reçu deux doses du vaccin de Pfizer-BioNTech afin de déterminer la durée de protection du vaccin en question. Parmi les participants, huit d’entre eux avaient déjà été infectés par le SARS-CoV-2.

Des prélèvements sanguins ont été effectués au début de l’étude, puis trois, quatre, cinq, sept et 15 semaines après l’injection de la première dose du vaccin. Les chercheurs ont observé que le vaccin à ARNm provoquait de fortes réponses immunitaires, surtout chez les personnes qui s’étaient déjà remises d’une infection légère au SARS-CoV-2 avant la vaccination. 

Au cours de la même période, des prélèvements d’échantillons de ganglions lymphatiques ont également été faits auprès de 14 participants n’ayant jamais été infectés par le SARS-CoV-2. En réponse aux vaccinations ou aux infections, il y a la formation de structures moléculaires appelées « centres germinaux » dans ces ganglions lymphatiques. Les cellules du système immunitaire sont contenues dans ces glandes. Lorsqu’une personne est infectée par le SARS-CoV-2, les centres germinaux se forment dans les ganglions lymphatiques des poumons. Ces derniers sont difficiles d’accès.  De leur côté, les vaccins vont plutôt provoquer la production des centres germinaux au niveau des aisselles, un endroit plus accessible. 

Ali Ellebedy, auteur principal de l’étude et immunologiste à la faculté de médecine de l’Université de Washington, compare les centres germinaux à des « camps d’entrainement ». Pendant des semaines, ces centres entraînent des cellules immunitaires appelées cellules B pour que celles-ci puissent mieux se lier à un agent pathogène. Les cellules immunitaires résultantes sont hautement entraînées et certaines sont même des cellules mémoires qui pourront se souvenir du virus sur le long terme.

Chez les animaux, les centres germinaux durent quelques semaines seulement à l’intérieur des ganglions lymphatiques. Chez l’homme, les informations concernant leur durée sont encore lacunaires. Cependant, concernant la nouvelle étude, les chercheurs ont découvert que les centres germinaux étaient actifs pendant au moins 15 semaines après la première dose du vaccin.

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Des résultats prometteurs

Selon Ellebedy, en étant actif pendant des mois, les centres germinaux ont certainement produit de nombreuses cellules mémoires qui vont s’établir dans la moelle osseuse et produire des anticorps à vie.

L’immunologiste a toutefois expliqué que la nécessité des rappels de vaccin dépendra de l’évolution du virus ainsi que de la capacité des cellules formées par les centres germinaux à gérer les variantes existantes. Selon lui, tout le monde ne génère pas la même réponse immunitaire de sorte que les personnes dont le système immunitaire est faible auront certainement besoin de faire des rappels.

Bien que les chercheurs n’aient pas étudié le cas des personnes ayant reçu le vaccin de Moderna, ils pensent que le résultat est similaire à celui du vaccin de Pfizer-BioNTech car il s’agit également d’un vaccin à ARNm tout aussi efficace. En ce qui concerne le vaccin de Johnson & Johnson, des recherches supplémentaires sont nécessaires pour déterminer la durée de la réponse des centres germinaux après la vaccination, étant donné que le vaccin utilise une autre plateforme que l’ARNm.

Selon les chercheurs, la prochaine étape de l’étude consistera à surveiller les cellules immunitaires. Ils pourront ainsi déterminer si elles migrent et s’installent de façon définitive dans la moelle osseuse. Si c’est le cas, elles pourront devenir « nos partenaires de vie »   pour nous protéger du SARS-CoV-2.

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