Covid-19 : l’Institut Pasteur craint une deuxième vague de contamination après le 11 mai

La France, comme bon nombre de pays, se trouve en confinement depuis un peu plus d’un mois maintenant. La folle propagation du Covid-19 à travers le monde a en effet contraint les états à prendre des mesures drastiques.

La stratégie semble s’être révélée payante jusque là. Si 117 334 cas ont été confirmés en France, et si 20 796 personnes ont perdu la vie, les chiffres semblent s’améliorer depuis une semaine. Une tendance que l’on retrouve aussi en Espagne et en Italie.

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Compte tenu de la situation, et sans doute aussi en raison de l’impact économique du confinement, plusieurs états ont pris la décision de lever les mesures mises en place.

Une deuxième vague à craindre à la fin du confinement ?

Cela vaut notamment pour la France. Emmanuel Macron a en effet annoncé la semaine dernière un déconfinement progressif à partir du 11 mai, tout en appelant à la responsabilité individuelle.

L’Institut Pasteur ne semble cependant pas partager l’enthousiasme – ou la confiance – du chef d’État. D’après une étude dirigée par l’épidémiologiste Simon Cauchemez, et rapportée par France Info, seuls 5,7 % des Français, soit 2,7 millions de personnes, auront été infectés à la date du 11 mai.

Or justement, d’après lui, ce taux serait insuffisant pour éviter une deuxième vague épidémique. En conséquence, il recommande que des mesures drastiques soient prises après la fin du confinement afin de limiter autant que possible la propagation du virus.

Pour en venir à cette conclusion, l’Institut Pasteur s’est appuyé sur des modélisations mathématiques et statistiques menées en collaboration avec l’Inserm et la Santé Publique. Les chercheurs ont ainsi croisé des données de multiples origines afin d’évaluer la part de la population touchée par le virus.

Un problème de taux

En réalité, le principal problème vient du fait que toutes les régions n’ont pas été touchées de la même manière. D’après les évaluations des chercheurs, le taux d’infection serait de 12 % en moyenne en Île-de-France et dans le Grand Est, mais il tomberait à 2 % en Bretagne ou même en Nouvelle Aquitaine.

Dans les deux cas, le taux reste trop bas. Simon Cauchemez estime en effet qu’il faudrait un taux d’infection de l’ordre de 70 % pour pouvoir sortir du confinement sans le moindre risque.

En d’autres termes, cela veut aussi dire que même si le confinement est réellement levé le 11 mai, alors nous ne pourrons pas reprendre le cours normal de nos vies. Il faudra impérativement continuer à respecter les gestes barrière et éviter autant que possible les regroupements. Ce qui risque bien entendu d’être difficile avec la réouverture des écoles. Si les collégiens et les lycéens peuvent éventuellement respecter les gestes barrière, il en va tout autrement pour les élèves de l’élémentaire.