Covid-19 : pas d’autres vagues, mais des foyers épidémiques ?

Le Covid-19 est toujours présent, prêt à frapper. Et si beaucoup craignent une seconde vague, des épidémiologistes américains semblent plus mesurés. D’après Michael Osterholm, plutôt qu’une nouvelle vague, il faudrait s’attendre à des foyers épidémiques ponctuels.

Michael Osterholm  travaille pour l’Institut de médecine de la National Academy of Sciences et il occupe en parallèle le poste de directeur du Center for Infectious Disease Research and Policy de l’Université du Minnesota.

Un homme équipé de masque et de gants

Crédits Pixabay

Respecté dans son domaine, il est reconnu dans le domaine du risque terroriste et pandémique, ce qui lui a notamment valu de travailler sur le virus H5N1 ou encore sur la grippe aviaire.

Le Covid-19 n’a pas disparu

Compte tenu de son expertise, Michael Osterholm a également eu l’occasion d’étudier le Covid-19. En avril, il a ainsi signé un rapport dans lequel il évoquait la possibilité d’une seconde vague à l’automne. Un scénario qu’il estimait très probable.

Cinq mois plus tard, il semblerait que la situation ait changé. Dans un nouvel entretien avec nos confrères de Business Insider, le spécialiste a en effet indiqué qu’il ne s’attendait plus à une seconde vague.

Ce qui ne veut évidemment pas dire que le Covid-19 appartient au passé.

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Des foyers épidémiques ponctuels à la place d’une deuxième vague ?

En réalité, c’est même tout l’inverse. Michael Osterholm pense en effet que si une seconde vague ne semble plus être d’actualité, des foyers épidémiques devraient continuer à apparaître ponctuellement un peu partout. Pour lui, donc, le virus va continuer “à brûler, un peu comme un feu de forêt à la recherche de bois humain”.

Les derniers chiffres en France semblent d’ailleurs lui donner raison. Comme l’a fait remarquer Europe1 ce matin, le Covid-19 semble se faire un peu plus actif en France depuis la semaine dernière. À un point tel que le Conseil scientifique a émis une alerte en début de semaine. Pour lui, la France peut même rebasculer à tout moment dans l’épidémie. Les cas ont augmenté et certaines villes ont été obligées d’imposer le port du masque en extérieur et dans tous les lieux publics.

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Il va peut-être falloir apprendre à vivre avec le virus

Ce qui n’a, dans l’absolu rien de surprenant. Les vacances sont là et si beaucoup de Français ont choisi d’annuler leurs séjours à l’étranger, ils circulent davantage sur le territoire. Le taux de reproduction du virus a ainsi augmenté pour passer de 0,7 au moment du déconfinement à 1,4 pour ces derniers jours. Le nombre de cas est lui aussi reparti à la hausse, sans pour autant atteindre les seuils catastrophiques du mois d’avril.

Ce qui nous renvoie finalement aux déclarations du Dr David Nabarro en mai dernier. L’expert en situation d’urgence de l’OMS avait en effet indiqué que le Covid-19 était bien parti pour rester et que nous allions devoir apprendre à vivre avec, du moins en attendant qu’un vaccin soit opérationnel. Et si l’on en croit les derniers chiffres, il semblerait que ce soit bien le cas.

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