Covid-19 : 30 % des malades ressentent les symptômes 9 mois plus tard

Des chercheurs de l’Université de Washington viennent de publier les résultats de leur étude sur les effets à long terme de l’infection à la Covid-19 le vendredi 19 février dernier dans la revue JAMA Network Open. Selon le rapport, environ un tiers des personnes étudiées et atteintes de la Covid-19 ont présenté des symptômes persistants jusqu’à neuf mois après avoir été diagnostiquées positives au SARS-CoV-2.

L’étude a été menée sur 177 personnes habitant dans la région de Seattle, et dont l’infection au coronavirus a été confirmée. Les sujets ont été suivis pendant une période de trois à neuf mois. Parmi les participants, 150 présentaient un cas léger de Covid-19, 11 ne présentaient aucun symptôme particulier, et 16 ont été hospitalisés.

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Plusieurs des patients, dont 32,7 % des cas légers et 31,3 % de ceux qui avaient été hospitalisés, ont déclaré avoir encore ressenti au moins l’un des symptômes de la maladie, et ce au moins trois mois après le diagnostic.

Les symptômes les plus fréquents

D’après les auteurs de l’étude, « les conséquences de la Covid-19 sur la santé s’étendent bien au-delà de l’infection aiguë, même pour les cas légers ».

Parmi les symptômes persistants les plus courants, on peut citer la fatigue, la perte de l’odorat et/ou du goût, enregistrées respectivement chez 13,6 % des patients. Il y a également les douleurs musculaires, les difficultés respiratoires, le brouillard cérébral et la toux, rencontrés chez 13 % des participants.

Il s’avère également que l’infection a eu des répercussions négatives sur la qualité de vie de ces personnes. Selon le sondage, 30 % des patients auraient déclaré avoir une qualité de vie moins bonne qu’avant leur infection. Parmi eux, 8 % ont même indiqué que depuis qu’ils avaient attrapé la Covid-19, ils ont commencé à rencontrer des difficultés avec les tâches quotidiennes.

Le Docteur Helen Chu, auteur principal de l’étude et professeur agrégé de médecine au  sein de la Division of Allergy and Infectious Diseases de l’Université de Washington, a expliqué qu’il était en effet possible de développer des symptômes handicapants en termes de fatigue avec le temps, même si la personne s’en est bien sortie au début de la maladie.

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Poursuivre les recherches

Selon les informations, cette étude constitue l’un des plus longs suivis effectués sur des personnes infectées par le SARS-CoV-2. Bien que les résultats obtenus soient très intéressants, il est évidemment important d’approfondir les recherches puisque l’étude a été menée sur un nombre limité de participants habitant au même endroit.

Les auteurs ont toutefois insisté sur l’importance de l’étude en déclarant que « même une faible incidence de débilité à long terme pourrait avoir d’énormes conséquences sanitaires et économiques ».

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D’autre part, les chercheurs ne sont pas encore en mesure d’expliquer le développement de ces symptômes, appelés également « long COVID». Cela pourrait être une sorte d’inflammation, le développement d’une auto-immunité ou encore un type d’activation immunitaire. Le docteur Chu a indiqué que son équipe allait procéder à l’analyse d’échantillons de sang provenant de patients infectés par le coronavirus afin de trouver des réponses à cette question.