Covid-19 : une propagation facilitée par… le pollen ?

Selon une étude récente, le pollen des plantes et des arbres pourrait avoir un rôle à jouer dans la propagation de la Covid-19. On fait le point.

Si vous souffrez d’allergie, alors vous avez dû remarquer que cette année était particulièrement chargée en pollen. Même avec les meilleurs traitements, nous sommes nombreux à en souffrir. Et si l’on en croit une nouvelle étude menée par des experts de l’Université de Nicosie à Chypre, alors le pollen ne serait pas uniquement irritant. Il pourrait aussi s’avérer très dangereux.

Un saule en fleur
Image par Larisa Koshkina de Pixabay 

La Covid-19 nous accompagne depuis un an et demi environ. La maladie a touché des millions de personnes à travers le monde et elle a causé la mort de 3,88 millions de personnes.

La Covid-19, toujours là

La situation semble cependant être en train de s’apaiser. Du moins dans certains pays. En France, le nombre de cas quotidiens a ainsi considérablement chuté depuis le lancement de la campagne vaccinale, avec une moyenne de 2 204 nouveaux cas par jour.

Les décès sont eux aussi en chute libre. Hier, seuls 51 décès ont été enregistrés, contre près d’un millier par jour au plus fort de la pandémie.

Néanmoins, il est encore trop tôt pour nous réjouir. Certains pays continuent en effet de souffrir. En Inde, par exemple, le nombre de décès quotidiens approche des 2 000 en moyenne. La situation est tout aussi préoccupante au Brésil, avec un nombre de décès similaire.

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Une propagation facilitée par le pollen ?

Plus que jamais, il est donc primordial de conduire de nouvelles études pour mieux comprendre la maladie. Mieux la comprendre, pour mieux la combattre. Et les chercheurs Talib Dbousk et Dimitris Drikakis ont justement fait une découverte qui pourrait s’avérer capitale dans la lutte contre la Covid-19.

En observant les données publiées par les organismes de santé publique, les deux chercheurs ont en effet constaté que le taux d’infection avait tendance à être plus important dans les zones boisées.

Intrigués, ils ont donc comparé ces données à la carte nationale des allergies publiées par le gouvernement américain. Ils ont alors trouvé des corrélations entre les foyers épidémiques et les zones les plus touchées par le pollen des fleurs et des arbres.

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Un mode de propagation sous-estimé

Pour confirmer leurs soupçons, les chercheurs ont alors créé un modèle informatique afin de mieux comprendre comment le pollen pourrait favoriser la transmission de la maladie.

Le modèle en question comprenait un saule en fleur et une foule située à proximité. En s’appuyant sur la dynamique des fluides, ils ont alors réalisé que des grains de pollen pouvaient contribuer de manière significative à la propagation des virus aéroportés :

« À notre connaissance, c’est la première fois que nous montrons par la modélisation et la simulation comment les micrograins de pollen en suspension dans l’air sont transportés dans une brise légère, contribuant à la transmission de virus dans l’air dans les foules à l’extérieur »

Dimitris Drikakis – Physics of fluid

Si vous ignorez le fonctionnement du pollen, alors il peut être utile de rappeler que ce dernier n’est pas uniquement transporté d’une fleur à l’autre par le biais des abeilles. Le vent a aussi un rôle à jouer et une brise, même légère, peut ainsi permettre à des grains de pollen de parcourir de grandes distances.

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De nouvelles études sont nécessaires

Or justement, d’après le modèle élaboré par les deux chercheurs, en flottant dans les airs, les grains de pollen peuvent également s’accrocher à des virus aéroportés, des virus qui peuvent ensuite potentiellement être inhalés par des personnes saines.

C’est évidemment un problème. Comme le souligne l’étude, un arbre est capable de projeter pas moins de 1 500 grains de pollen par mètre cube dans l’air chaque jour.

Le modèle montre ainsi qu’une foule de 100 individus située à environ vingt mètres de l’arbre serait traversée par le pollen… en moins d’une minute. Ce qui augmenterait du même coup le risque d’infection.

Par extension, cela veut aussi dire que des personnes respectant à la lettre les distances de sécurité préconisées par les organismes de santé pourraient être potentiellement exposées au virus.

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