La Covid-19 serait arrivée plus tôt que prévu aux Etats-Unis

Des chercheurs du CDC (Centers for Disease Control and Prevention) ont effectué une étude sur 7 000 poches de sang. Elles ont été prélevées par la Croix-Rouge américaine entre le 13 décembre 2019 et mi-janvier 2020. C’était bien avant la déclaration officielle du premier cas de Covid-19 aux États-Unis qui date du 20 janvier 2020. Or, 106 échantillons parmi les 7 000 ont été étiquetés positifs aux anticorps associés à la Covid-19.

Notons que les échantillons proviennent de neuf États américains. Plus de la moitié des patients testés positifs à la maladie sont originaires du Massachusetts, du Michigan, du Connecticut, du Rhode Island, de l’Iowa et du Wisconsin. Les 39 restants sont de Washington, de Californie et d’Oregon.

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Les résultats de cette nouvelle étude amènent à remettre en question la date à laquelle le virus a réellement commencé à se propager sur le sol américain.

Faux positifs ou cas positifs ?

Pour rappel, l’État chinois a déclaré les premiers cas de cette pneumonie invalidante en fin de décembre 2019. C’était à Wuhan, la capitale d’Hubei.

Il y a lieu de préciser qu’un test positif aux anticorps de coronavirus ne fait que supposer une infection par le Cov-2 du SRAS. Il ne faut pas exclure la possibilité d’existence de faux positifs parmi les échantillons. Ils sont notamment dus à la réaction de l’hôte contre d’autres types de coronavirus.

Ainsi, pour affiner leurs résultats, les chercheurs du CDC ont procédé à d’autres tests. Ils ont analysé les échantillons prélevés en cherchant des réactions aux anticorps du Cov-2 du SRAS. Finalement, 84 sur 90 analyses sont positives. « Les résultats rendent très improbable que tous les échantillons soient de faux positifs », ont-ils conclu. Autrement dit, l’équipe est quasi certaine qu’un bon nombre de ces patients ont été infectés par la Covid-19.

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Encore quelques lacunes à combler

Un épidémiologiste de l’université de Californie, le Dr George Rutherford qui est également un professeur de biostatique à San Francisco, a mis en avant les limites de l’étude. Pour lui, outre la possibilité d’une réaction croisée avec d’autres types de coronavirus, la recherche comporte une autre lacune. Il s’agit des données sur les lieux exacts où les personnes testées positives ont contracté le virus. Par exemple, le questionnaire de l’étude ne considère pas les éventuels voyages à l’étranger.

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Le Dr Rutherford a avancé que d’autres études sont nécessaires pour vérifier ces résultats. Il a notamment recommandé la recherche de matériel génétique du Cov-2 du SRAS sur ces échantillons positifs. Celle-ci devrait être basée sur l’analyse de la salive, du sang et de tissus des premiers Américains testés positifs.

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