Juno a assisté au crash d’un météore sur Jupiter

La sonde spatiale Juno a enregistré, pour la première fois, le résultat de l’impact de ce qui pourrait être un astéroïde ou un météore sur Jupiter. La recherche sur la géante gazeuse a été menée par l’équipe de Rohini Giles Southwest Research Institute au Texas. Avant d’arriver à la conclusion que cette boule de feu a été causée par l’impact d’un corps céleste sur Jupiter, ils ont dû passer par une série d’éliminations.

Juno a été spectateur de ce formidable phénomène l’année dernière, plus précisément le 10 avril 2020. Alors que sa mission initiale était de rester en orbite autour de Jupiter pour observer les aurores de cette planète, un incident est survenu. Grâce à son UVS (spectrographe ultraviolet), Juno a pu détecter une lumière assez particulière.

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La sonde Juno a été lancée en 2011 pour mener des études concernant Jupiter, en restant dans l’orbite de celle-ci. Le satellite a atteint sa destination 5 ans après son lancement, en 2016. Depuis cette année, il n’a pu détecter aucun événement de ce genre.

Environ 24 000 collisions chaque année sur Jupiter ?

Durant ces dix dernières années, des astronomes ont réussi à observer à peu près six impacts depuis notre planète. Voyager 1 et Galileo, ainsi que d’autres sondes spatiales, ont également repéré des crashs d’objets sur Jupiter. La plus grande collision sur Jupiter jamais enregistrée reste cependant celle de la comète Shoemaker- Levy 9, en 1994.

Les impacts d’astéroïdes ou de comètes sont des phénomènes fréquents sur Jupiter. La force gravitationnelle de la planète attire plusieurs corps du fait que c’est le second astre le plus massif du système solaire. Comparée aux précédentes observations, celle de Juno a apporté plus de détails, grâce à son équipement plus performant.

L’équipe du Dr Giles a pu mesurer la température dégagée par la collision qui est supérieure à 9 000°C. C’est ainsi que les chercheurs ont réussi à déterminer que la masse de cet objet allait de 250 à 5 000 kg. Sa taille varie d’un à quatre mètres de diamètre avec une longueur équivalente à celle d’une automobile. Se basant sur ces informations, les chercheurs pensent qu’environ 24 000 collisions associées à ce même type de corps surviennent chaque année sur Jupiter.

Les informations fournies par Juno ont aidé les scientifiques à affiner les estimations concernant la vitesse des objets qui impactent Jupiter. Par la même occasion, ils se sont penchés sur l’augmentation de la masse de la géante gazeuse à cause de ces impacts.

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Une observation très peu probable

L’observation de ce phénomène est une heureuse coïncidence, car Juno ne dispose que de très peu de temps pour recueillir des informations. L’orbite elliptique de Juno autour de Jupiter en est la cause, avec un passage par son périjove tous les 53 jours. Durant un périjove, l’engin n’a que 10h pour enregistrer des informations.

Lorsque la sonde passe dans une zone où les radiations sont très élevées, la collecte d’informations devient impossible. Juno tourne également sur lui-même pour stabiliser son orbite, cette rotation fait qu’il dispose d’environ 7s par tour pour recueillir des données. Un tour complet nécessite 30 secondes.

Le flash lumineux qui s’est produit à 225 km d’altitude sur une durée de 17 millisecondes témoigne de l’extrême importance du timing. Il aurait suffi que Juno se soit tourné dans une autre direction à ce moment précis pour que ce phénomène ne soit jamais enregistré.

Lorsque les données ont été transmises à l’équipe de chercheurs, ils ont d’abord dû déterminer l’origine de lumière. Les sources possibles sont nombreuses : les aurores, un événement lumineux transitoire (TLE) et le dysfonctionnement de l’instrument d’observation. C’est grâce à une série d’éliminations et en se servant du rasoir d’Ockham, ils en sont arrivés à la conclusion que c’était dû à l’impact d’un météore.

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