Daech a tué une journaliste avant de pirater son compte Facebook

Daech a encore frappé. Après l’avoir menacé à de nombreuses reprises, le groupuscule terroriste aurait effectivement capturé et tué la journaliste syrienne Ruqia Hassan. Comme si cela ne suffisait pas, il aurait ensuite piraté son compte Facebook afin de piéger ses amis activistes. La supercherie aurait même duré plusieurs semaines.

Elle était connue sur les réseaux sociaux sous le nom de Nissan Ibrahim et elle a étudié la philosophie à Alep avant de s’installer à Raqqa, sa ville natale.

Meurtre Daech

Daech aurait utilisé le compte Facebook de cette journaliste syrienne pour trouver des opposants au régime.

Ruqia a refusé de s’enfuir lorsque l’Etat Islamique a pris le contrôle de la ville l’année dernière pour en faire sa nouvelle capitale. Elle a effectivement fait le choix de rester sur place et de raconter toutes les exactions commises par l’organisation sur les réseaux sociaux.

Ruqia ne s’est pas enfuie de Raqqa lorsque la ville est tombée entre les mains de l’Etat Islamique

Daech l’a menacé à de multiples reprises et elle savait qu’elle se trouvait dans le collimateur de ses soldats mais cela ne l’a pas empêché de poursuivre sa mission.

Elle a toujours refusé de céder à la peur.

Son dernier message public remonte à l’été dernier, et plus précisément à la fin du mois de juillet. Il a considérablement marqué les esprits à l’époque et c’est assez logique compte tenu de sa teneur : “Quand Daech va m’arrêter et me tuer, ils vont me décapiter, mais je garderai ma dignité car c’est mieux que de vivre humiliée par l’Etat Islamique”.

Ces informations sont encore à prendre au conditionnel mais la jeune femme aurait été arrêtée quelques jours plus tard. Les terroristes seraient parvenus à lui arracher son mot de passe et ils l’auraient utilisé pour accéder à sa messagerie privée et pour trouver d’autres opposants.

Ruqia aurait ensuite été exécutée en octobre dernier.

Les activistes syriens ont été nombreux à lui rendre hommage sur les réseaux sociaux, et notamment sur Twitter et Facebook. Ils pleurent sa mort mais ils sont aussi très inquiets car ce piratage met en péril la vie de nombreux journalistes et de nombreux intellectuels du pays.

A noter que ce n’est pas la première fois que l’Etat Islamique s’en prend à un journaliste. Il a aussi exécuté un autre opposant au régime en décembre dernier, Naji Jerf, alors que ce dernier était en train de réaliser un documentaire sur les crimes commis par l’organisation en Syrie.

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