D’après cette étude, notre modèle théorique concernant la matière noire est peut-être à revoir

Des observations faites grâce au télescope Hubble ont peut-être fait remonter à la surface des erreurs d’interprétation dans notre manière de quantifier la présence de matière noire dans l’Univers. Elles ont en effet révélé des incohérences par rapport aux simulations de la concentration en matière noire prévues par le modèle théorique.

Ainsi, une étude menée au sein de l’Institut National pour l’Astrophysique en Italie, par Massimo Meneghetti et son équipe, pointe du doigt des différences entre ce que le modèle théorique prévoit et ce que les observations réalisées grâce au télescope spatial Hubble et au télescope de l’European Southern Observatory ont donné. Les densités de matières noires ne concordent pas.

Une image abstraite de fractale

Photo de Garik Barseghyan. Crédits Pixabay

Cela sous-entend que les simulations obtenues avec le modèle théorique ne sont pas encore aptes à rendre correctement compte de la manière selon laquelle la matière noire est distribuée dans l’espace. Il y a également la question de la nature réelle de la matière noire, qui reste incertaine, avec des propriétés encore inconnues.

Le principe de l’effet de lentille gravitationnelle pour la détecter

Comme vous le savez, la matière noire ne peut être détectée grâce aux radiations électromagnétiques, car elle ne présente aucune réponse ou interaction avec celles-ci.

Ainsi, pour appréhender sa densité (et son existence), les scientifiques cherchent les distorsions occasionnées par la force gravitationnelle sur la lumière, autour d’objets extrêmement massifs comme les groupes de galaxies.

Les groupes de galaxies vont en effet courber et distordre la lumière, émise par exemple par une galaxie tierce lointaine. En étudiant la façon selon laquelle la lumière subit ces distorsions, on peut en déduire la force du champ gravitationnel en cause. En enlevant les matières visibles, l’on peut cartographier le champ gravitationnel en action dans l’espace.

Et c’est là que le bât blesse. En plus d’un effet de lentille plus important que prévu, et contre toute attente, de plus petites lentilles gravitationnelles observées à l’intérieur de 11 clusters de galaxies observées, la récente étude suggère la présence d’un excès de matière noire comparé à ce que prévoit le modèle théorique.

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Il y a encore beaucoup à apprendre concernant la matière noire

Priyamvada Natarajan, astrophysicien à l’Université de Yale, assume le fait que les connaissances en la matière sont encore incomplètes et que constater des décalages pareils permet de comprendre qu’il y a des éléments qui manquent dans le processus.

« Un des objectifs clés de mes recherches est de tester les modèles théoriques par rapport aux données évoluant en qualité pour identifier ces lacunes. C’est ce genre de lacunes qui révèlent souvent que nous avons raté quelque chose dans la théorie actuelle, ou montrent la voie vers un nouveau modèle, qui pourra mieux expliquer les choses », précise-t-il.

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