D’après un Googler, les femmes aimeraient le porno musclé

Seth Stephens-Davidowitz a travaillé pendant un peu plus d’un an et demi pour Google et il a utilisé les statistiques du moteur de la firme pour dégager des tendances. En compilant ces chiffres, il a réalisé que les femmes étaient plus friandes de porno hardcore que les hommes.

Passionné de sciences politiques, Seth a suivi un cursus spécialisé à Oxford avant d’enchaîner sur un BA en philosophie à Stanford.

BSDM

Il s’est ensuite découvert un amour naissant pour les chiffres et les statistiques et il a donc suivi un second cursus en mathématiques à la New York University pour passer un PhD en économie à Harvard.

Tout le monde ment

Google l’a recruté en 2013 comme « data scientist » pour travailler sur de nouvelles techniques visant à mieux mesurer l’efficacité des campagnes publicitaires menées en ligne.

Pour mener à bien cette tâche, Seth a cherché un moyen de combiner les enquêtes traditionnelles menées par les instituts spécialisés avec les données en provenance de la toile et du moteur de recherche de la firme.

Durant son travail de recherche, il a alors réalisé que les gens avaient la fâcheuse habitude de mentir lorsqu’ils étaient interrogés dans le cadre d’une enquête. Les résultats obtenus par les instituts de sondage ne correspondent en effet pas toujours aux recherches des internautes.

Seth a alors sorti un livre entièrement dédié à cette délicate question, un livre disponible depuis le mois de mai dans toutes les bonnes librairies anglo-saxonnes : Everybody Lies.

Le mois dernier, le chercheur a été invité à répondre à quelques questions à l’occasion d’une entrevue menée par Vox.

L’homme est alors revenu sur les nombreuses incohérences constatées durant ses recherches, notamment sur la délicate question de la sexualité. Durant les quelques mois passés chez Google, Seth a ainsi pu constater que les femmes avaient une relation assez inédite avec la pornographie en ligne.

Les femmes seraient plus friandes de porno hardcore que les hommes

Il a même dégagé deux tendances fortes. La première, c’est que de nombreuses femmes sont friandes de porno lesbien, et ce en dépit de leur hétérosexualité. Plus surprenant, en analysant des données en provenance du célèbre moteur et de plusieurs sites spécialisés, Seth a remarqué que le porno hardcore était plus populaire chez les femmes que chez les hommes.

Cette découverte l’a beaucoup surpris, d’autant que cette tendance ne se limite pas au marché américain. Elle s’étend en effet au reste du monde et elle n’a visiblement aucun lien direct ou indirect avec la manière dont les femmes sont considérées / traitées par leur gouvernement.

Les hommes ne sont pas épargnés non plus. D’après le chercheur, les internautes masculins seraient généralement plus attirés par les femmes en surpoids. Pourtant, ils ont davantage tendance à se diriger vers des femmes minces ou maigres lorsqu’ils effectuent des recherches sur des sites de rencontres. La pression sociale aurait donc une incidence directe sur nos fantasmes et nos désirs.

Bien sûr, tous les pays ne sont pas non plus logés à la même enseigne. En Inde, par exemple, les internautes sont très friands de contenus pornographiques présentant des scènes d’allaitement maternel et les Japonais seraient de plus en plus nombreux à verser dans la chatouille.

Le sexe n’est plus une affaire de procréation

Comme beaucoup de chercheurs, Seth pensait avant de réaliser cette étude de longue haleine que l’intérêt des hommes et des femmes pour la sexualité provenait essentiellement de leurs instincts primaires, des instincts qui les poussent à s’unir afin de se reproduire et d’assurer la survie de l’espèce.

Toutefois, il n’est plus forcément de cet avis à présent. Durant son étude, il a effectivement réalisé que le sexe vaginal représentait moins de 20 % des recherches liées à la pornographie. Le sexe anal et le sexe oral seraient nettement plus représentés, de même pour tout ce qui est en lien avec le fétichisme.

En conséquence, le sexe ne serait pas uniquement affaire de procréation et nos motivations dépasseraient largement le cadre de la procréation.