Dashrath Manjhi, l’homme qui a mis 22 ans à sculpter une route à travers la montagne

Dashrath Manjhi a passé 22 années à sculpter une route à travers une montagne dangereuse. Une montagne où sa propre femme a trouvé la mort en 1959. Son sacrifice et sa résilience ont permis de sauver de nombreuses vies. Focus sur un homme pas tout à fait ordinaire.

Dashrath est né dans un petit village situé dans la partie nord-est de l’Inde. Issu de la caste des Musahar, la moins bien considérée de toutes, il a vécu la plus grande partie de sa vie dans une extrême pauvreté.

Image par Klaus Dieter vom Wangenheim de Pixabay
Image par Klaus Dieter vom Wangenheim de Pixabay 

Après avoir grandi à Gehlaur, dans son village natal, il a fini par être marié à Falguni Devi. Le couple est ensuite parti pour les mines de charbon de Dhanbad afin de gagner sa vie.

22 ans pour construire une route à travers la montagne

Sept ans plus tard, Dashrath et sa femme sont revenus à leur village pour fonder une famille. Un premier enfant est né. Et alors que Falguni attendait le deuxième enfant du couple, un drame s’est produit.

Alors qu’elle revenait au village par un sentier montagneux très escarpé, Falguni a glissé et elle est tombée en contrebas de la falaise. Prévenu par un autre villageois, Dashrath s’est immédiatement rendu sur place, mais la clinique la plus proche se trouvait à des kilomètres de là et sa femme est donc morte dans ses bras.

Cet événement, on l’imagine, l’a totalement anéanti. Ivre de chagrin et de colère, il s’est alors juré que plus personne ne vivrait ce qu’il a connu.

A lire aussi : L’histoire de l’enfant qui pensait avoir vécu deux fois

Un projet très critiqué, mais qui a changé la vie de centaines de personnes

Durant les vingt-deux années suivantes, Dashrath a donc cassé de la pierre afin d’aménager une route plus sûre à travers les montagnes. Un travail colossal, presque inhumain. Un travail qu’il a poursuivi même après avoir déménagé dans une ville située à plusieurs kilomètres de là.

Beaucoup ont tenté de le dissuader, sans effet. Pauvre, Dashrath passait ainsi ses journées à labourer des champs pour gagner sa vie, et il partait pour la montagne dès que la nuit tombait.

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, tout le monde n’a pas vu ce projet d’un très bon oeil. Dashrath a notamment dû faire face à la colère de son père, qui l’a accusé à de nombreuses reprises de se soustraire à son rôle de père et à ses devoirs sociaux pour mener à bien sa folle idée.

A lire aussi : L’histoire des enfants endormis de Suède

Le symbole de la résilience

Et puis, la police s’en est mêlée. Après avoir eu vent de l’affaire, les autorités locales ont en effet menacé Dashrath de l’arrêter et de le placer en prison. C’est alors que l’affaire a pris une toute nouvelle tournure. La population locale s’est en effet mobilisée pour le soutenir. Face à la popularité de celui que l’on appelait alors l’homme de la montagne, la police lui a finalement rendu sa liberté.

Dashrath a donc continué à oeuvrer dans la montagne jusqu’en 1982, date à laquelle son projet a pris fin. Grâce à ces vingt-deux années de dur labeur, l’homme de la montagne a été capable de sculpter une route de 109 mètres qui a changé la vie de tous les habitants de la région.

A lire aussi : On a peut-être retrouvé le butin de l’un des plus gros vols de l’histoire

Un mémorial érigé en son honneur

Dashrath a perdu la vie en 2007, alors qu’il était âgé de seulement 73 ans, des suites d’un cancer de la vésicule biliaire. Mais son histoire, elle, lui survivra à travers les âges. En Inde, l’homme de la montagne est en effet devenu un symbole de résilience. A un point tel qu’il a même eu droit à un mémorial, construit dans son ancien village.

Une histoire qui nous a été racontée par India Today en 2015 et qui a resurgi l’année dernière lorsque la famille de ce héros pas ordinaire a fait la une du India Times.